• Les White II-Steve

    Les White II-Steve et Tim

    Les White II-Steve

    SOMMAIRE

    Chapitre 1                    Chapitre 2                    Chapitre 3                    Chapitre 4                    Chapitre 5

    Chapitre 6                    Chapitre 7                    Chapitre 8                    Chapitre 9                    Chapitre 10

    Chapitre 11                    Chapitre 12                    Chapitre 13                    Chapitre 14                    Chapitre 15

    Chapitre 16                    Chapitre 17                    Chapitre 18                    Chapitre 19                    Chapitre 20

    Chapitre 21                    Chapitre 22                    Chapitre 23                    Chapitre 24                    Chapitre 25

    Chapitre 26                    Chapitre 27                    Chapitre 28

  •  Chapitre 28 : Une nouvelle vie

    Je rentre avec Thomas à la maison Je n’ai pas vraiment envie que Tim me voit dans cet état. J’ai laissé une femme mourir… Et je ne regrette absolument pas ma décision… Suis-je un monstre ? J’ai peur d’avoir ce gène dans mon sang… Après tout, je ne compte pas le nombre de tueurs qu’il y a eu dans ma famille…

    Alors que j’avance comme un zombi, sans regarder ce qui se trouve autour de moi, j’entends la voix autoritaire de mon père me rappeler à l’ordre.

     

    -Steve, tu ferais mieux de te réveiller si tu ne veux pas casser tout ce qu’il ya dans la maison.

     

    Je lève aussitôt la tête et rencontre le regard dur de mon père. Je fonds alors en larmes. Papa, semble désemparé ne sachant pas trop comment réagir.

     

    -Ce n’est pas grave Steve, pas la peine de te mettre dans cet état…

    -Je suis désolé… Je suis désolé…

     

    Je ne cesse de me répéter. Mon père appelle alors ma mère à son secours qui me serre aussitôt dans ses bras me berçant doucement, attendant que mes pleurs sèchent.

     

    -Là Steve, tout va bien, dit doucement maman. Mais il va falloir que tu nous racontes ce qui te met dans cet état.

     

    Je ne parviens pas à me calmer pourtant je me sens bien dans les bras de ma mère. Thomas arrive alors et pose une main sur ma tête.

     

    -Tu n’as pas besoin d’être fort Steve, nous sommes là. Les parents et Adam peuvent t’aider. Tu n’as pas besoin de leur cacher des choses, ils ne te jugeront pas.

     

    Thomas a raison, je sais que je peux tout leur dire sans mettre à mal notre pacte avec Corbin. J’invite tout le monde à m’accompagner au salon. La réaction que je redoute le plus est celle de mon père… Mais maman sera là pour s’interposer si besoin. Adam nous rejoint quelques minutes plus tard, alerté par Thomas.

     

    -Nous t’écoutons, dit papa.

     

    Je prends le temps de respirer avant de commencer mon récit. Je leur raconte ma rupture avec Géraldine en leur énonçant les causes, je leur raconte mon attirance pour Tim et je leur parle de sa maladie. Je finis par leur avouer le rôle qu’ont joué Pierre et Géraldine dans le coma de celui que j’aime. Mes parents écoutent sans broncher même si je lis de la haine et de la colère dans les yeux de mon père.

     

    -Et puis il y a ce soir…

     

    Je regarde mon frère Thomas qui me fait un signe d’encouragement. Je prends de grandes inspirations et je me lance.

     

    -Tout ce qu’a subit Tim ces deniers jours ont fait évoluer sa maladie à son stade final. Il peut mourir à tout moment. Il devait entrer en soin intensif alors il a surement voulu se balader une dernière fois avant de… Mais Pierre et Géraldine tenaient à leur vengeance et l’ont poignardé à plusieurs reprises… Corbin et moi avons assistés à toute la scène. Tim est alors tombé dans le coma et son cœur s’est arrêté à plusieurs reprises. Corbin est quelqu’un de spécial. C’est un très bon gars mais il a été élevé dans la violence pour prendre le relai de son père dans son organisation criminelle. Du coup il a la gâchette facile… Thomas m’a prévenu que Corbin allait se venger. J’ai donc voulu l’en empêcher mais…

     

    Je m’arrête trop effrayé pour continuer. Je ne sais pas comment leur dire que je suis un meurtrier, un homme mauvais…

     

    -Continue, ordonne papa.

    -Quand on est arrivé, Corbin avait déjà tué Pierre d’une balle dans la tête. Je n’ai rien ressenti, même pas de la peine d’avoir perdu mon meilleur ami… J’ai juste pensé que c’était bien fait pour lui. Puis Géraldine s’est mise à me supplier de l’aider… J’ai détourné la tête laissant Corbin la tuer elle-aussi… Je suis un monstre…

     

    Papa se lève, le visage grave. J’ai peur de sa réaction. Ayant été lui-même un tueur, le plus grand de tous les temps, il ne connait que trop bien l’était dans lequel je me trouve. Il pose simplement une main sur mon épaule et me sourit.

     

    -Non, tu n’es pas un monstre. Tu es simplement amoureux et tu as enfin trouvé ton âme sœur. C’est une personne pour laquelle tu serais prêt à tout, même au pire pour son bien être. C’est aussi ce qui s’est passé quand j’ai rencontré ta mère.

     

    Maman se lève à son tour, le visage souriant. Elle me serre dans ses bras.

     

    -Je ne cautionnerai jamais un meurtre, mais je comprends tout à fait pourquoi ton ami l’a fait, et surtout pourquoi tu l’as laissé faire. Ton père a raison, tu n’es pas un monstre. Maintenant que tu as trouvé la personne qui sera à tes côtés toute ta vie, tu dois en prendre soin.

    -Mais comment ? Je réplique. Il va mourir d’un moment à l’autre… Comment puis-je survivre à cela ?

    -Reste avec lui le plus possible, rends-le heureux pour le peu de temps qui lui reste à vivre, répond maman.

    -Tu n’as pas de temps à perdre à te lamenter sur ton sort, appuie papa. Être à ses côtés est le plus important à l’heure actuel. Je m’arrangerais avec Akasha.

    -Vas le rejoindre mon fils, insiste maman.

    -Mais sois aussi un bon ami pour Corbin, ajoute papa. Tuer, même pour quelqu’un comme nous, n’est jamais sans conséquences. Il aura besoin de toi.

     

    ***

    Point de vue d’Abélia

     

    J’ai tellement de peine pour mon fils. Steve est si honnête et fort qu’il doit être vraiment traumatisé pour en arriver à craquer comme il le fait. Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’à traverser Zatana lorsqu’il m’a rencontré. Il s’est senti déchiré entre deux opposés et c’est ce que vis mon fils aujourd’hui.

     

    -Ma chérie, tu penses à Steve ?

    -Oh Zan, je n’aime pas le voir ainsi…

    -Il faut qu’il accepte ses choix et qu’il y fasse face seul. On ne pourra pas le faire à sa place.

    -Je sais, mais qu’il perde celui qu’il aime alors qu’il vient tout juste d’accepter son homosexualité… N’est-ce pas trop douloureux pour lui ?

    -Il s’en remettra. Tes enfants ne sont pas en sucre ma chérie. Ensemble ils sont bien plus forts que je ne le suis.

    -J’aimerais tant pouvoir l’aider…

    -Si tu y tiens vraiment, il y a une chose que tu peux faire.

    -Laquelle ?

    -Comme tu l’as fait pour me soigner du vampirisme, trouve une formule pour créer un remède contre la maladie de ce garçon.

    -Avec sa mort imminente, cela ne me laisse pas beaucoup de temps…

    -Demande de l’aide à tes pères. Avec eux et nos amis, tu trouveras, j’en suis certain.

     

    Zan n’a pas tord… Il est vrai qu’avec le sang de vampire et des aliens, j’ai pu inventer le remède contre le vampirisme… Mais guérir une maladie incurable est une toute autre affaire… Malgré tout, il a raison, je dois tout faire pour aider Steve à aller mieux. J’embrasse rapidement mon mari avant de me préparer à partir rejoindre mes pères au laboratoire.

     

    ***

    Point de vue de Corbin

     

    Cela fait une semaine que Tim s’est réveillé, mais toujours aucune amélioration. Il parvient à peine à respirer seul et à besoin d’oxygène très souvent. De rester éveiller trop longtemps l’épuise énormément. J’ai tellement mal au cœur de le voir ainsi.

     

    -Corbin, il faut vraiment que tu arrêtes de venir ici…

    -Petit Timmy, tu devrais garder tes forces pour te remettre plus vite.

    -C’est la fin pour moi Coby, cela ne sert plus à rien que j’économise mes forces.

    -J’ai décidé de te dire adieu… De tirer un trait sur nous deux. Je ne sais pas si je vais être capable d’être ton ami, pour le moment. Il me faudra certainement un peu de temps pour digérer…

    -Le temps est un luxe que je n’ai plus… Mais je te comprends et ne t’en veux pas du tout… J’ai choisis Steve et il est tout naturel que tu nous en veuille…

    -Ce n’est même pas ça le problème… Steve est un mec vraiment bien qui saura te rendre bien plus heureux que je ne le pourrais jamais. Ma vie n’est qu’un désastre et je sème le chaos dans la vie des autres. Tu seras bien mieux sans moi.

    -Coby…

    -Je t’ai aimé des la première fois que j’ai posé mes yeux sur toi. Depuis, je n’ai jamais cessé de t’aimer de te chérir. Et sache que je t’aimerais toute ma vie.

    -C’est pareil pour moi…

     

    Je sens qu’il commence à s’endormir et à respirer plus difficilement. Je m’approche et l’embrasse sur le front. Je laisse trainer mes lèvres redoutant le moment de la séparation, mais ma décision est prise, je ne peux plus reculer. Je dois sortir de sa vie. Lorsque je sors de la chambre, l’équipe médicale accourt : Tim vient de faire un nouvel arrêt. Les larmes ruisselantes, je m’éloigne définitivement de sa chambre laissant la place à Steve…

     

    ***

    Point de vue de Steve

     

    Corbin m’a envoyé un message dans lequel il me confié Tim. Je dois le rendre heureux et toujours veiller sur lui. Il n’a plus sa place près de lui et il doit se reconstruire avant de revenir dans nos vies. C’est un gars avec qui j’aimerais garder contact mais je comprends son besoin de solitude.

    Les moments où Tim est éveillé sont de plus en plus rares. La santé d’Aya aussi s’est détériorée, sûrement à cause de l’inquiétude. Je passe mon temps à leur chevet tous les deux. Pour des raisons pratiques, nous les avons mis dans la même chambre.

    Aujourd’hui Tim est un peu plus en forme. Il est éveillé depuis presque une heure ce qui est un record.

     

    -Steve.

    -Tim, repose-toi s’il te plait.

    -J’ai besoin de savoir ce qui est arrivé à Géraldine et Pierre.

    -Tu n’as plus à t’inquiéter d’eux…Les choses ont été réglées.

    -Corbin les a tués…

     

    J’acquiesce de la tête et il se met à pleurer. Je savais qu’il allait en souffrir mais que je me sois préparé, cela reste toujours aussi douloureux de le voir dans cet état.

     

    -Steve, il faut que tu arrêtes de venir. Je vais mourir, tu n’as plus besoin de perdre de temps à cause de moi.

    -Chaque seconde que je passe à tes côtés n’est pas une perte de temps. Je t’aime Tim.

     

    Il fond de nouveau en larmes. Mais qu’est-ce que j’ai dit de mal encore ? Je ne fais que des bourdes depuis que je m’inquiète pour lui…

     

    -Je suis désolé, je ne voulais pas te faire pleurer…

    -Si tu savais depuis quand j’attends que tu me dises une telle chose ! C’est dommage que tu ais attendu que je me meurs pour me l’avouer…

     

    Je baisse la tête, penaud. Il est difficile d’admettre que l’on aime quelqu’un alors quand c’est une personne de même sexe, cela l’est encore plus.

     

    -Ce n’est pas grave Steve. Mais il faut qu’on se quitte…

    -Jamais ! Je m’écris. Maintenant que j’ai enfin accepté mon amour pour toi, tu voudrais que je t’oublie ?

    -Il va bien le falloir… Je vais mourir…

    -Et alors ? Laisse-moi être à tes côtés le peu de temps qu’il te reste, laisse-moi être heureux sans penser à demain.

    -Comment veux-tu être heureux alors que je suis cloitré dans ce…

     

    Il ne peut pas finir sa phrase. Son cœur vient de s’arrêter une nouvelle fois. Je reste pétrifié. L’infirmière me fait sortir de la chambre pendant que le docteur tente de le ranimer. Le rideau est tiré les cachant à la vue d’Aya et de moi. Je ne sais pas quoi faire. Soudain, une main sur mon épaule me fait sursauter. Je me retourne et me trouve face à Akasha. Il voit mes larmes et souris.

     

    -Ne t’en fais pas, tout va bien se passer.

     

    Je n’ai pas le temps de me poser des questions sur le pourquoi du comment que tout se fige autour de moi. Le temps reste comme suspendu. Personne dans la pièce ne fait un mouvement. J’ai l’impression que seul Akasha et moi avons la capacité de bouger.

     

    -Qu’est-ce qui se passe ?

    -Après roi des vampires, on m’a longtemps donné le nom de maitre du temps. Une fois humain, mes pouvoirs de vampires ont disparus mais pas ceux de maitre du temps.

    -Mais je croyais que tu ne pouvais que faire voyager ton âme…

    -J’ai développé mon pouvoir. Maintenant je suis capable d’arrêter le temps. Mais Raven n’aime pas que je me serve de mes pouvoirs. Elle a toutefois consenti à ce que je fasse une exception pour mon arrière petit-fils.

    -Je ne comprends pas pourquoi…

    -Regarde, dit-il simplement me désignant la salle.

     

    Le rideau vient d’être ouvert. Ma mère est affairée à échanger la seringue que tient le médecin contre la sienne. Je suis surpris.

     

    -Qu’est-ce que maman est en train de faire ?

    -Avec ton grand-père et l’aide d’Akampa, le roi des vampires, ils ont réussis à synthétiser une sorte d’antidote contre la maladie de Tim.

     

    Mes yeux se mettent à pétiller d’espoir. Je ne m’attendais pas à une si bonne nouvelle ! Thomas avait raison, ma famille est formidable. Je me jette dans les bras d’Akasha qui n’est pas habitué à une telle démonstration de sentiments.

     

    -Et il marche ? Je demande reprenant un peu de contenance.

    -Les tests ont été concluants, mais nous n’avons pas de temps à perdre. C’est notre dernière chance de le sauver.

    -Et si cela ne marche pas ? Je demande inquiet.

    -Cela ne changera rien. Tim mourra de toute façon.

     

    Il n’a pas tord. Je me surprends à croiser les doigts à me les faire rougir. J’attends que ma mère finisse l’échange et retrouve sa place parmi nous. Une fois à mes côtés, je lui prends la main et la regarde avec amour.

     

    -Merci maman…

    -Tu me remercieras quand il sera sorti d’affaire, répond-t-elle avec un sourire chaleureux.

     

    Akasha relâche son emprise sur le temps qui se remet à s’écouler normalement. La frénésie dans la salle se poursuit et l’antidote de ma mère est enfin injecté dans le corps de Tim. Il ne faut pas longtemps avant que les soubresauts de son corps cessent et que sa respiration reparte. J’ai l’impression que le docteur reste surpris par l’efficacité du produit. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, mais j’ai l’impression qu’il est tiré d’affaire…

     

    ***

     

    A peine une semaine après l’intervention miraculeuse de mon arrière grand-père et de ma mère, Tim recommence à respirer tout seul. Son visage reprend des couleurs et surtout il ne me rejette plus. L’antidote ayant marché, Aya peut, à son tour, en bénéficier. Je suis heureux de voir le bonheur réapparaitre dans leurs yeux. Ils vont devoir, tous les deux, apprendre à vivre une nouvelle vie. Ils vont toujours devoir aller à l’hôpital pour contrôler que tout va bien, mais beaucoup moins souvent. Aya a, enfin l’autorisation d’aller à l’école… Elle ne tient plus en place et ressemble à une puce à sauter partout. Tim et moi la regardons avec tendresse.

     

    -Les événements de cette année nous aura au moins permis de nous rapprocher, je constate en serrant l’emprise de ma main sur la hanche de Tim.

     

    Celui-ci se tourne vers moi et plonge son regard dans le mien. Son sourire enfantin fait battre mon cœur bien plus vite que la normale.

     

    -Je t’aime Steve.

    -Je t’aime aussi.

     

    Je dépose alors mes lèvres sur les siennes. Il passe ses bras autour de mon cou me rapprochant de lui. J’accepte d’approfondir le baiser qui signe le début d’une nouvelle vie.


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  •  Chapitre 27 : L’adieu d’un ange

    Point de vue de Lucas

     

    Steve m’a appris pour l’agression de Tim et me tient au courant de son état de santé. Aya et moi sommes anéantis de le savoir aux portes de la mort… Il ne devait pas partir avant nous… Je l’avais décidé, je devais être celui qui partait en premier… Aya devait me suivre alors que Tim devenait un médecin célèbre pour avoir trouver le remède à leur maladie… La vie est si injuste parfois… Que vais-je faire avec les lettres ? Dois-je attendre que Tim soit mort ? Où les leur donner maintenant ? Ils ont le droit de savoir ce que pense le garçon qu’ils aiment.

    C’est décidé, je vais de ce pas leur remettre la lettre qui leur ai adressé. Je me dirige d’abord chez Steve. Il doit être là en cette période de vacances. Et j’avoue que je veux revoir Adam. J’aimerais savoir si c’est vraiment lui le propriétaire de la voie qui me hante depuis si longtemps…

    Comme je le pensais, je trouve Steve assis dans le jardin en compagnie de ses frères. Adam est le premier à me voir. Il se lève et se précipite vers moi.

     

    -Salut Lucas. Je suis content de te voir.

    -Moi aussi, j’approuve en me plongeant dans son regard.

     

    Sans prévenir, il me sert contre lui. Cette sensation c’est la même… C’est lui… Adam est l’homme que j’aime depuis tout ce temps. Les battements de mon cœur se calent sur les siens et notre respiration aussi. Je suis tellement bien que j’en oublie la raison de ma venue, mais Steve me le rappelle.

     

    -Tu es venue prendre des nouvelles de Tim ?

    -Je suis passé le voir hier. Il n’y aucune évolution, malheureusement…

     

    Je vois Steve se tendre sous la colère. Je n’ai jamais vu un tel regard chez lui. Cela me fait peur… Je ne veux pas qu’il sombre dans la noirceur lui qui est un vrai rayon de soleil. Je me rapproche de lui et pose mes mains sur ses poings fermés.

     

    -Il va se réveiller, je te le promets… C’est un battant et qui a la rage de vivre… Il n’a pas atteint son but et il ne voudra jamais partir sans l’avoir atteint…

    -Quel est son but ? Intervient Thomas.

    -Celui de devenir un grand docteur pour trouver le remède à sa maladie…

    -C’est un noble but, acquiesce Adam.

     

    Soudain Steve pose ses deux mains sur mes épaules et plonge son profond regard dans le mien.

     

    -Lucas, je te promets que je vengerai Tim… Je ferai payer ses agresseurs…

    -Tu sais qui ils sont ? Je m’étonne.

    -Oh oui, je les connais… Ils ne s’en sortiront pas sans avoir essuyé ma colère…

    -Mais avant je te conseille de lire cette lettre…

     

    Je lui tends alors l’enveloppe sur laquelle Tim a écrit son prénom. Il la contemple un moment sans comprendre. Je vois son trouble.

     

    -Tim a écrit une lettre pour toi et Corbin quand il a appris que sa mort ne devait pas tarder. Il me les a remises me demandant de vous les donner à sa mort.

    -Il n’est pas mort, je n’en veux pas…

    -J’ai beaucoup réfléchis, et je pense que tu dois quand même la lire maintenant. C’est important pour toi de savoir ce qu’il pense.

     

    Je lui mets d’office la lettre dans la main et prends congés. Je fais un signe de tête à Adam avant de partir trouver Corbin. Connaissant le personnage, je pense que sa rage doit être à son comble. De voir Tim dans cet état ne doit pas améliorer son agressivité. Mais il n’osera jamais s’en prendre à moi. En effet, à peine arriver devant sa maison qu’il se jette sur moi et me sert contre lui.

     

    -Lucas, je le vengerai, je te le promets.

    -Je sais Corbin, je te crois. Mais Tim ne sera jamais d’accord pour que tu en arrives à l’extrême…

    -Je m’en fou ! Ils vont périr de ma main, c’est une certitude.

     

    Je soupire de résignation. Il ne changera pas d’avis. J’espère que Steve arrivera en premier. Personne ne doit mourir… Je souris à Corbin alors que m’éloigne de lui.

     

    -Si je suis là c’est pour te remettre une lettre.

    -Une lettre de qui ?

     

    A mon regard il comprend aussitôt de qui et surtout de quoi parle la lettre. Il la prend dans la main la contemplant comme si c’était une chose fragile. Il ne fait plus attention à moi mais de toute façon, mon travail est terminé. Je dois le laisser seul maintenant. Je m’éclipse sans un bruit le laissant seul face à son amour.

     

    ***

    Point de vue de Steve

     

    Lucas est reparti me laissant cette lettre… Une lettre qui annonce la mort de Tim… Je ne veux pas la lire, je refuse de le considérer comme mort… Ma vue se brouille.

     

    -Steve, la lire ne veut pas dire que tu accepte sa mort, me dit Adam doucement.

    -Dans cette lettre tu as tous les sentiments de Tim, ajoute Thomas. Tu te dois de les honorer en les lisant.

     

    Je reste silencieux puis je m’en vais toujours le regard rivé sur la lettre essayant d’en percer le mystère rien qu’en la regardant. Comme c’était à prévoir, c’est une chose impossible pour un simple humain comme moi. Assis sur mon lit, je me décide enfin à l’ouvrir. Son écriture est aussi douce que lui. Ses mots dansent devant mes yeux et je dois les essuyer plusieurs fois pour en comprendre le sens.

     

    -Steve, tu dois te demander le pourquoi d'une telle lettre... Je dois absolument te dire ce que j'ai sur le cœur. Toi et Coby vous attendez de moi que je fasse absolument un choix entre vous deux, mais c'est impossible. Mon amour pour toi est sincère et bien réel. Cependant, ce que je ressens pour Corbin est toujours bien présent et ancré dans mon cœur. Je ne peux pas l’oublier d’un claquement de doigt même si je te choisis. Il est impossible que je tire un trait sur mon premier amour. Coby et moi c'est une longue histoire. En deux mots, mon père avait une dette envers le sien qu'il ne pouvait honorer. Son père a accepté de lui laisser une dernière chance s'il acceptait de donner ma sœur en mariage à son fils Corbin. Mes parents acceptèrent. Mais voilà, lui et moi sommes tombés immédiatement amoureux et avons passé tout notre temps ensemble nous lançant dans un amour interdit. Mais son père l'a appris et a provoqué la mort de mes parents pour me punir. Coby a eu tellement peur pour ma vie qu'il a accepté de se marier à ma sœur et de partir pour la grande ville, me laissant derrière, seul avec toutes nos promesses sans avenir. J'ai été anéantie, et c'est là que j'ai découvert ma maladie et que j'ai rencontré Aya. La suite tu la connais. Je suis tombé éperdument amoureux de toi, l'hétéro le plus convoité du lycée. Tu t’es senti attiré par moi sans jamais parvenir à mettre des mots sur cette attirance me laissant dans le brouillard le plus complet. Je ne sais pas où tu en es de tes interrogations et de toutes façons, si tu lis cette lettre c’est qu’il est déjà trop tard pour nous deux. Saches que mon amour pour toi était sincère. Si j’étais encore en vie, je te choisirais toi tout en restant ami avec Corbin. C’est un homme fantastique contrairement à ce que tu peux penser. Il n’a pas eu une vie facile et a appris à se protéger ainsi. J’aimerais que ma mort soit signe de réconciliation entre vous, car après tout, si je vous aime tous les deux, aussi fort, c’est parce que vous avez beaucoup plus en commun que vous ne le pensez. Vous m'avez moi déjà, n'est-ce pas suffisant déjà pour entamer le processus ? Voilà, je crois que j'ai tout dit. Je t'aime Steve et tu mérites d'être heureux. Vis, ris et épanouis-toi, c'est comme ça que je serais fier de toi de là haut.

     

    Je suis en pleure… Comment rester impassible devant les dernières paroles d'un ange parti trop tôt ? Tu me demandes où j’en suis de mes interrogations ? Mais je suis fou de toi… J’accepte enfin cette part de moi qui t’aime à en crever. J’ai besoin de toi dans ma vie, j’ai besoin de toi pour éclairer mon chemin…

    J’ai besoin de Tim, de sa présence. Je ne me sens complet qu’à ses côtés. Je décide de me rendre à son chevet pour réfléchir. J’ai besoin de temps pour assimiler sa lettre, j’ai besoin de lui parler face à face…

     

    ***

     

    Voilà plus d’une heure que je lui parle mais aucun changement. Des tubes et des fils lui sortent toujours de tout son corps. J’ose à peine le toucher de peur de le casser. Je déteste tellement le voir dans cet état. J’ai beau lui crier ma colère, ma déception et mon amour mais rien ne marche. Ses yeux restent irrémédiablement clos, son corps immobile… La sonnerie de mon téléphone me sort de ma léthargie. Je sors doucement de la chambre avant de prendre l’appel de mon frère.

     

    -Thomas ? Parles moins vite, je ne comprends rien à ce que tu dis… Pierre ? Corbin ? David ? En danger ? Mais qui ? Où ? Ok je te rejoins, mais ne fais rien d’idiot en attendant. Oui je me dépêche.

     

    Je n’ai pas vraiment compris ce qu’il me racontait. Je sais juste que mon frère a besoin de moi car des personnes sont en dangers. Je jette un dernier regard à Tim pour le supplier de tenir bon avant de me précipiter à la rencontre de Thomas.

     

    ***

    Point de vue de Corbin

     

    Restant seul face à face avec les dernières volontés de Tim, je me sens perdus. J’ai peur d’avoir mal en la lisant, j’ai peur de ne pas avoir été choisi même si j’ai décide de le laisser à Steve. Pourquoi est-ce si cruel de tomber amoureux ? Malgré mes mains tremblantes, je parviens à ouvrir la lettre sans trop de dégâts. Je reconnais immédiatement l’écriture délicate de Tim et je souris en l’imaginant coucher sur papier ses désirs les plus profonds. Je respire un grand coup avant de me plonger dans la lecture.

     

    -Coby, je t’aime, mais tu dois le savoir depuis le temps. Mais j’ai choisis Steve. Contrairement à ce que tu peux penser, ce n’est pas à cause de ta trahison avec ma sœur. Depuis ton retour dans ma vie, tu m’as prouvé que ce n’était que pour me protéger. Je le choisis lui car c’est une personne honnête et droite. Il est doux et gentil avec moi malgré mes tentatives désespérées pour l’éloigner de ma vie. Je me sens en sécurité avec lui… Bien que ce soit lui mon premier choix, je ne peux pas tirer un trait sur toi, sur moi. J’ai encore besoin de toi dans ma vie. Tu es vitale à ma vie. Je me souviens de notre première rencontre. Tu m’avais impressionné et je dois t’avouer que je le suis toujours autant mais pas pour les mêmes raisons. Le chemin que tu as fait depuis le début est incroyable. Tu étais violent et cruels, et maintenant tu es juste et bon. Tu protège les plus faibles et aide ton prochain. Je suis au courant pour ton pacte avec Brennan Maroyer, le policier. Je sais que tu lui as demandé de veiller sur moi en contre partie de ton aide. Je t’en remercie maintenant. J’ai une demande à te faire Coby, je ne veux pas que tu prennes l’excuse de ma mort pour retourner dans tous tes travers. J’aimerais que tu te rapproche de Steve pour qu’il te montre ce qu’est être un héro. Vous l’êtes tous les deux pour moi, mais j’aimerais que tout le monde puisse voir le vrai Corbin, celui pour lequel mon cœur a battu tant d’année. Voilà, je crois que j'ai tout dit. Je t'aime Corbin et tu mérites d'être heureux. Vis, ris et épanouis-toi, c'est comme ça que je serais fier de toi de là haut.

     

    Comment peut-il me demander une chose pareille ? Sans lui à mes côtés comment puis-je me sentir libre ? Comment puis-je affronter mon père ? Je ne peux pas y arriver, je ne peux pas être heureux… Soudain j’ai un flash. Je sais qui est responsable de son état ! Cela ne peut-être que lui… Celui qui l’a violé et l’a détruit un peu plus… Pierre, le meilleur ami de Steve… Je lui avais promis de ne pas le tuer, mais je ne peux plus tenir ma promesse maintenant… Tim m’avait promis de toujours rester auprès de moi et pourtant il est en train de partir…

    Sans chercher plus loin et la rage s’emparant de mon cerveau, j’appelle mon contact. Il me trouvera Pierre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Cela ne manque pas et quelques minutes plus tard je reçois un message avec des coordonnées. Je ne cherche pas plus loin et m’empare de mon arme avant de partir en trombe de la maison.

     

    ***

     

    Le jour commence à peine à baisser lorsque j’entre dans le parc. A cette heure il n’y a plus grand monde : les familles sont rentrées pour s’occuper des enfants, les couples désertent le parc pour le cinéma ou le restaurant. Très bien, je serai plus tranquille pour mettre en œuvre ma vengeance. Je marche d’un pas décidé tout en cherchant celui qui fait l’objet de ma colère. Soudain je les entends, ces voix…

     

    -Pierre tu es certain que Steve ne nous pas reconnu ?

    -Géraldine, si c’était le cas, tu ne crois pas que la police serait venue nous arrêter ? Le meurtre ce n’est pas quelque chose d’anodin !

    -Je ne veux pas le perdre… Nous ne pouvons pas le perdre…

     

    Alors ils étaient deux… Deux abrutis qui ont tués un homme pur juste par simple jalousie ? Je pousse un hurlement de douleur revivant la scène. Les deux individus sursautent et se retournent ensemble.

     

    -Qui es-tu ? Demande Pierre.

    -Je suis celui qui te fera payer le mal que tu as fait.

    -Vous ne savez pas à qui vous vous en prenez, ajoute Géraldine sans grande conviction.

     

    J’avance toujours mon arme pointé vers la tête du garçon. Plus rien n’a d’importance, à cet instant je ne suis plus Coby, mais Corbin Lomar, l’homme sans pitié qui va leur faire payer ce qu’ils ont  fait à l’homme que j’aime... Je ne cherche même pas à savoir si ce sont vraiment eux les responsables, car le peu que j’en sais me suffit amplement à décider de leur sort. Sans attendre je pointe mon flingue vers l’homme que je perçois tressaillir devant le danger imminent.

     

    -Attends, dit-il doucement. On peut parler, non ? Que nous reproches-tu exactement ?

    -La déchéance de Tim…

     

    La jeune femme aux longs cheveux blonds devient blême lorsqu’elle entend le bruit caractéristique de la balle qui part. Je sais viser et comme prévu mon tir atteint sa cible : entre les deux yeux. L’homme s’écroule sur le sol, sans vie. Je ne me sens pas mieux pour autant, mais qu’importe, je dois le faire, je dois le venger. La fureur de me quitte pas, et je m’approche de la fille qui tente de fuir. Je n’ai aucun mal à m’emparer d’elle et, tout en lui tordant les bras dans le dos, je la maintien fermement tout en appuyant le canon de mon flingue sur sa temps. Elle tremble de toutes sa forces tout en me murmurant de l’épargner…

     

    ***

    Point de vue de Steve

     

    Je cours pour rejoindre Thomas. Il avait l’air affolé et c’est bien la première fois que je ressens de la peur dans son ton. Plus je cours, plus j’y vois clair. Je ne vois qu’une seule raison à cela : Corbin a surement appris le nom des responsables pour Tim et veut se venger… Thomas l’aura surement appris de David qui le tiendrait lui-même de Pierre. Ai-je vraiment envie de l’empêcher de se venger ? Je sais bien que Pierre et Géraldine étaient très proches de moi, mais après tout ce qu’ils ont fait, ils méritent ce qui les attend…

    Une fois auprès de mon frère, j’ai la confirmation que Corbin veut se venger des deux agresseurs de Tim. Je ne fais pas d’histoires et me presse pour ne pas arriver trop tard. Soudain nous entendons une détonation déchirer l’atmosphère. Nous sursautons tous les deux pensant arriver trop tard. Après un rapide regard à mon frère, nous repartons à vive allure dans la direction du bruit.

    Je me fige en voyant Pierre, sans vie, sur le sol baignant dans son sang. Mais ce qui me fait le plus peur c’est mon manque de réaction… Je ne ressens rien, même pas de la tristesse pour celui qui était, il n’y a pas si longtemps, mon meilleur ami… J’entends Géraldine m’appeler et je sens le regard dévasté de Corbin. Je fixe alors Géraldine dans les yeux. Mon regard froid la surprend.

     

    -Steve aide moi je t'en prie, il est complètement malade ! Hurle Géraldine sentant le canon du revolver appuyer de plus en plus sur sa tête.

     

    Je ne réagis pas me contentant de regarder la scène comme si j’étais devant un film où je me dis qu’elle a bien mérité ce qui lui arrive. Mais Thomas me pose la main sur l’épaule ce qui me fait immédiatement revenir à moi. Géraldine hurle toujours mon prénom.

     

    -Mais Steve bordel ! Tu vas faire quelque chose ? Tu veux vraiment qu’il me tue…

    -Toi ferme là, je coupe d’un ton sec. Tu es la seule responsable de ce qui t'arrive.

     

    Je regarde Thomas qui comprend tout de suite ce que je pense. Il me fait un signe de tête et m’entraine à l’écart. La détonation tant attendue résonne enfin et Géraldine pousse son dernier cri. Je commence à respirer normalement. Ce sera notre secret à tous les trois. Jamais personne ne devra être au courant. Corbin, Thomas et moi nous nous serons la main pour conclure ce pacte. Mais la sonnerie de mon téléphone brise le silence : c’est Aya qui nous apprend que Tim vient tout juste de se réveiller. Nous nous regardons tous les trois avec étonnement : quelle coïncidence ! Au miment où ses tortionnaire meurt, lui se réveille… Deux vies contre la sienne c’est le poids que nous devront porter…


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  •  Chapitre 26 : Les larmes d’un ange

    Point de vue de Tim

     

    J’appréhende mon rendez-vous avec le docteur Tran. Je le sais, je le sens, mon corps est entrain de lâcher, mon cœur me fait de plus en plus souffrir et cela n’a rien à voir avec Steve… Enfin, pas entièrement.

     

    -Tim, c’est à toi, dit le docteur en me souriant.

     

    Mes jambes tremblent et s’inquiètent de ce qu’il va bien pouvoir me dire. Le docteur sent mon trouble et vient m’aider à marcher. J’ai peur… Je suis effrayé à l’idée de mourir…

     

    -Tim, comment te sens-tu ?

    -Pas bien, j’avoue en baissant les yeux pour cacher les larmes qui commencent à venir.

    -Je ne vais pas te mentir ou te cacher la vérité. Ton corps et surtout ton cœur est au plus mal. Les différents événements et agressions de ces derniers temps ont considérablement fait avancer ta maladie.

     

    Je le sais tout ça, mais ce n’est pas pareil quand c’est le médecin qui te le dit… Il sait que j’ai besoin de temps pour digérer cette nouvelle et me laisse un moment pour me remettre. Je pose alors mon regard larmoyant sur lui l’invitant à poursuivre.

     

    -Je vais devoir t’hospitaliser à temps plein à l’hôpital si je veux pouvoir prolonger ta vie un peu plus… Je suis désolé Tim d’être celui qui t’apporte une telle nouvelle, mais il faut que tu prennes conscience que ta façon de vivre n’est pas bonne pour toi.

    -Quand souhaitez-vous que je rentre à l’hôpital ?

    -Le plus tôt sera la mieux. Même si je devrai te faire entrer maintenant, je te laisse la journée pour mettre de l’ordre dans ta vie et je t’attends demain matin des 9h.

     

    J’acquiesce, le cœur brisé. Ma nouvelle maison sera désormais l’hôpital. Je vais devoir y vivre jusqu’à ma mort… Quand surviendra-t-elle ? Demain ? Dans un an ? Six mois ? Je suis complètement perdu et je me sens seul. Je n’ai prévenu personne de ma visite au docteur et je dois donc affronter la réalité des choses, seul… De toute façon, je ne veux voir personnes si c’est pour que l’on me dise je suis désolé ou qu’ils me soutiennent… Ces phrases bateau ne servent strictement à rien, juste à leur donner bonne conscience…

    Je me rends à la bibliothèque de la ville voisine afin que personne ne puisse me trouver. Je dois réfléchir et quoi de mieux que la bibliothèque pour cela ? Ce lieu a toujours été mon favori de par son calme et sa source sans limite de savoir. C’est certainement la dernière fois que j’y mets les pieds… A cette pensée, mon cœur se serre et mes larmes recommencent à couler.

    Une fois attablée à l’une des tables, je réfléchis. Que dois-je mettre en ordre dans ma vie ? Une seule chose me vient à l’esprit : mon amour pour Corbin et Steve. Je dois leur dire ce que j’ai sur le cœur. J’écris une lettre pour chacun d’entre eux. Je mets bien plus de quatre heures à les rédiger, entre mes crises de larmes et mes souvenirs.

    Je viens de déposer mes lettres chez Lucas qui ne m’a rien demandé. Il a accepté sa mission sans broncher comme s’il avait deviné ce que je faisais. Il m’a juste serré dans ses bras comme une dernière étreinte. J’apprécie son silence et surtout son geste. Je pars alors sans prononcer un mot. Je dois me vider l’esprit et je ne trouve rien de mieux que de me promener dans le parc. L’air de la fin de journée ne pourra que me faire du bien…

     

    ***

    Point de vue de Géraldine

     

    Steve est vrai connard. Je vais lui faire payer ce qu’il m’a fait où je ne m’appelle plus Géraldine ! Je vais avoir besoin de Pierre qui semble tout aussi remonter que moi. Je le trouve en grande conversation avec David.

     

    -Pierre, il faut qu’on parle.

    -Attends deux secondes, je finis ce que je fais. Alors on est bon ?

    -Tu vas devoir m’expliquer ce que tu veux en faire.

    -Pas maintenant mais je te promets que je le ferai. Merci, tu es un vrai pote.

     

    Ce n’est qu’une fois David partis qu’il consent à faire attention à moi ce qui a le don de me mettre encore plus hors de moi. Je ne me prive pas de lui en faire la remarque.

     

    -Ton égo est le cadet de mes soucis, réplique-t-il. Tu me veux quoi ?

    -Je laisse passer pour cette fois car j’ai quelque chose d’important à te dire, mais la prochaine fois que tu me parles sur ce ton tu vas t’en mordre longtemps les doigts.

    -Ca va j’ai compris, souffle-t-il. Qu’est-ce que tu me veux ?

    -J’ai besoin de ton aide pour me venger de Steve. Je veux payer ce qu’il m’a fait…

    -Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Il a refusé de coucher avec toi ?

    -Ton ton moqueur ne me plait pas du tout… Il est venu pour me demander de coucher avec lui et une fois fait, il s’est cassé me rembarrant.

    -C’est de la faute à Tim alors pourquoi tu veux t’en prendre à lui ? 

     

    Oui il a raison… Si Tim n’avait existé, Steve serait toujours sous mon emprise… Ramanga est mort maintenant, je n’ai plus personne vers qui me tourner. Pierre semble avoir un plan.

     

    -Tu me manigances quelque chose toi ?

    -Jusqu’où es-tu prête à aller pour te venger ?

    -Je suis allée jusqu’à percuter de plein fouet, avec ma voiture, une femme et une enfant pour ne pas perdre Steve alors crois-moi que je suis prête à aller aussi loin que possible pour qu’il me revienne.

    -Dans ce cas, j’ai une solution à tous nos problèmes.

     

    Il se rapproche de moi cachant quelque chose dans sa veste. Je me demande bien ce que cela peut être. Lorsqu’il me montre l’objet qu’il cache, je comprends aussitôt ce qu’il a en tête.

     

    -Es-tu certain de vouloir aller jusque là ?

    -Moi oui, mais si toi tu as des doutes, tu n’es pas obligé de me suivre…

    -Si Steve l’apprend, on le perdra à jamais…

    -Il n’a aucune raison de le savoir. J’ai déjà tout prévu. Si tu veux te joindre à moi rejoints moi ce soir au terrain de basket.

     

    ***

    Point de vue de Tim

     

    Le soleil vient de se coucher et je n’ai toujours pas envie de rentrer. Pour aller où ? Je n’ai plus de chez moi, je n’ai même plus de vie… Je m’arrête un instant regardant le ciel noir où la lumière des étoiles a du mal à percer. Pour elles aussi ce jour est une journée triste. Je m’apprête à repartir lorsque j’entends, au loin, quelqu’un m’appeler. Je regarde et je vois Steve et Corbin se précipiter vers moi. Comment m’ont-ils retrouvé ? Mon cœur s'emballe à leur simple vue. Je ne veux pas qu’ils me voient aussi faible et impuissant… Ils sont tellement beaux tous les deux. Comment vais-je faire pour ne plus jamais les voir ? Alors que je les vois s’approcher, deux formes sombres encagoulés sortent de derrière un arbre et se jettent sur moi. Je reconnais tout de suite la longue chevelure blonde et le regard perçant de mes assaillants.

    Alors que Géraldine se place derrière moi bloquant tous mes mouvements, Pierre s'approche de moi par devant. Je sens alors une énorme douleur irradier tout mon corps.

     

    -La vengeance est un plat qui se mange froid. Tu nous as enlevé nos espoirs et nos rêves, nous allons t'enlever bien plus.

     

    Cette menace sonne le glas pour moi. Pierre me donne plusieurs autres coups de couteau qui m’arrache, à chaque fois des cris de douleurs. Tout commence à tourner autour de moi mais j’ai le temps de voir mes agresseurs disparaitre rapidement. Je perds alors l'équilibre et m’affaisse sur le sol. Steve et Corbin arrivent en hurlant. J’ai seulement le temps de voir leur visage remplis de larmes penchés sur moi.

    Je n’arrive plus à parler même si mon cœur leur cri son amour. Je me contente juste de sourire. Finalement, je vais mourir aujourd’hui, dans les bras de ceux que j’aime, que demandez de plus. Petit à petit mes yeux se ferment. Je n’entends plus les cris de douleurs de Steve et Corbin, je ne ressens même plus mon cœur battre, je m’apaise doucement et me laisse partir, serein…

     

    ***

     

    Depuis combien de temps ai-je les yeux fermés ? Suis-je au mort ? Je ne ressens plus aucune douleur, je me sens comme libéré. Est-ce ça le paradis ? Fait-il jour ? Fait-il nuit ? Je n'en sais rien... Mais Coby, je sais que tu es là, assis à mes côtés. Je ressens la chaleur virile de ta main sur la mienne. Mais arrête de pleurer, je n'ai pas mal. Tout va bien se passer. Tu as toujours était là pour moi depuis la première minutes où tu m'as vu. Je n'y croyais pas, mais il a bien fallu que je me rende à l'évidence : le coup de foudre existait. La flèche de cupidon m'avait touché en plein cœur ce jour là... Tu t'en souviens ?

    Tu étais venu avec ton père. J'étais très intimidé : c'était la première fois que je voyais le patron de papa qui était aussi le plus redouté des chefs de gangs de la ville. Et toi, à ses côtés, tu en imposais tellement ! Peut être même plus que lui. Tu te souviens comment tout à commencer ? Comment ils avaient arrangé ton mariage avec ma sœur ? Comme tu m'as fait l'amour ce soir là à l’abri des regards dans ma chambre ? Je venais tout juste d'avoir 12 ans, tu en avais déjà 15. Tu m'avais pénétrer avec force comme à ton habitude. Et puis tu avais recommencé tous les autres jours jusqu'à tomber éperdument amoureux de moi. Tu t'en souviens ? Moi oui alors ne pleure pas Coby, je t'aime. Nous avons passé tout notre temps ensemble sans nous soucier de ton père. Tu te souviens de toutes les promesses que l'on s'est faites ? Moi oui... Tu m'avais promis d’être toujours là pour me protéger, de vivre à mes côtés toute la vie, de m'aimer sans conditions, de... Mais oui tu t'en souviens....

     

    -Je t'en supplie Tim, ouvre les yeux ! Reviens et je te promets d’accepter ton amour pour un autre... même pour Steve ! J'ai besoin de toi ! Sans toi je suis perdu... Sans toi je vais retomber sous l'influence de mon père, sans toi... Tu m'as sauvé Timmy… J'étais condamné à prendre la relève de mon père et à me marier avec une femme que je n'aimais pas. Je voulais juste m'amuser avec toi et peut être te torturer un peu... Mais ton innocence, ta sincérité et ta générosité ont eu raison de ma violence. Tu as fait de moi l'homme que je suis maintenant...

     

    Je t'entends Coby, je t'entends très bien même si pour toi ce n'est pas le cas... Tu es fort, tu vas t'en sortir. Je serai toujours à tes côtés alors attends-moi, j'arrive... Mes yeux sont si lourd... Je vais me reposer encore un peu Coby alors sois patient.

     

    -Corbin, vas te reposer. Je vais veiller sur lui maintenant.

    -Steve, ne le laisse pas baisser les bras. Je le connais il...

    -Je sais, je l'aime autant que toi. Je ne vais pas le laisser tomber.

     

    ***

    Point de vue du narrateur

     

    Corbin regarde son rival. Il est plutôt beau gosse et semble parfait… Il comprend alors les raisons qui ont poussées Tim à en tomber amoureux. Il les a déjà comprises il y a un moment, mais ne voulait pas l’admettre. Il le sait, Steve est le plus apte de tous à prendre soin de l’homme qu’il aime...

    Corbin ne va pas très loin. Il s'allonge sur un banc dans la cour de l'hôpital. Steve quant a lui, s'installe sur le lit, contre Tim, toujours dans le coma depuis une semaine maintenant.

     

    -Le docteur a dit que tu nous entendais et que tu en avais besoin pour retrouver ton chemin. Alors suis ma voix pour me revenir. Avant toi je me fourvoyais en couchant et sortant avec une fille superficielle aussi belle à l’extérieur que laide à l’intérieur. Je pensais qu’un garçon jaloux et violent pouvait être mon meilleur ami. Mais je n’ai jamais été réellement satisfait, il me manquait toujours quelque chose. J'étais incapable de savoir quoi. Et puis, ce jour-là, je t'ai vu à la bibliothèque. Tu travaillais. Tu étais si concentré par ton livre. J'ai tout de suite ressenti le besoin de venir à toi. Je ne savais pas comment m'y prendre mais tu as su effacer tous mes doutes. Je n'ai pas encore trouvé mon chemin, j'ai encore besoin de toi pour ça...

     

    ***

    Point de vue de Tim

     

    Oh Steve ton corps est si chaud. Le mien est de plus en plus froid. J'ai de plus en plus froid... Cela me fait tant de bien de te sentir à mes côtés. Tu es mon phare Steve. Tu es un être exceptionnel et je suis fier d'avoir été l’objet de ton attention... Tu as trouve ce qui te manquait il te reste plus qu'à ouvrir les yeux. Tu te souviens de tout ce que nous avons vécu cette année ? C'était si intense. Nos soirées jeux vidéo, nos échanges houleux, nos prises de tête… Et surtout cette fameuse fois où je me suis entièrement donné à toi pour ta première fois. Je t’ai senti si hésitant mais en même temps si tendre… Je chéris ces moments avec toi. Je compte sur toi pour aider Coby. Il joue le dur mais il a un vrai cœur d’artichaut. Prends soin de lui le temps que je revienne. J'ai juste besoin de me réchauffer. Avec toi à mes côtés je sens que tout est possible.

     

    ***

    Point de vue du narrateur

     

    Corbin a bien dormi. Cela fait déjà deux heures qu'il se repose. Il doit maintenant retourner auprès de Tim. Alors qu'il pénétré dans la chambre, il voit Steve enlacer Thomas. Tous les deux semblent dormir paisiblement. Il se met de l'autre côté et serre la main de Tim.

    Un long bruit se fait entendre. Les infirmières et les médecins s’affairent dans la chambre. Steve et Corbin ne comprennent pas pourquoi on les pousse hors de la chambre. Pourquoi ils déshabillent Thomas ? Ils entendent des cris  puis soudain le silence. Le docteur s’avance vers eux.

     

    -Son cœur s’est arrêté mais nous avons réussi à le faire repartir. Il reste cependant dans un état comateux et ne parvient plus à respirer seul. Nous sommes obligés de l’intuber et de le nourrir par intraveineuse. Il ne se réveillera peut-être jamais. Ses jours sont comptés, il ne va pas tenir très longtemps alors faites lui vos adieux avant que vous n’en ayez plus la possibilité.

     

    Le cœur des deux garçons semble aussi s’arrêter alors qu’ils regardent l’amour de leur vie se battre pour sa vie. Tous ces fils et le bruit assourdissant des machines qui l’aident à rester en vie les traumatisent plus qu’ils ne le pensaient. Rien ne semble pouvoir les consoler et ils s’effondrent tout à coup en hurlant leur douleur.

    Ils restent bien une heure à pleurer. Leur animosité semble avoir disparue, mais comme on dit, il suffit d’un point en commun pour rapprocher des ennemis. Et dans ce cas là, le leur est aux pieds de la mort. Steve se relève soudain. Il ressent le besoin irrésistible de se lâcher, d’évacuer toute sa colère et sa tristesse. Il demande alors à Corbin de se lever et de le suivre. Ce dernier, dans un état second, accepte sans sourciller, laissant Tim entre les mains des médecins.

     

    ***

    Point de vue de Corbin

     

    Je ne sais pas où m’entraine Steve et je m’en fous complet. L’essentiel c’est que je n’entende plus ses machines qui me font stresser à chaque bip un peu plus aigu. L’air frais du matin né réussi pas à me faire retrouver mes esprits, mais à au moins le mérite de me faire reprendre des couleurs. Steve marche toujours devant moi, le regard brumeux, sans un mot. Je me contente de le suivre trop bouleversé pour protester ou demander quoique ce soit. Je finis par apercevoir l’école. Il me fait entrer sans problème et nous nous dirigeons à l’arrière, là où je l’avais défié quelques jours plus tôt. Les mêmes personnes sont encore là, dont ce petit minet qui me plaisait tant.

     

    -Steve, je suis désolé, dit Jacob en s’avançant vers nous.

    -Toi, tu n’y es pour rien, marmonne Steve. Mais ceux qui ont fait ça, vont me le payer…

     

    C’est vrai que nous n’avons pas parlé de cette fameuse nuit. J’ai aperçu deux silhouettes s’enfuir en courant. Je n’ai pas vu grand-chose à part des longs cheveux blonds… Steve en saurait-il plus ? Si oui, ma vengeance pour vraiment avoir lieu ?

     

    -Tonton, nous allons nous battre. Thomas n’est pas là ?

    -Il est en cours… Tu ferais peut-être mieux d’y aller toi aussi et de ne te battre que quand tu seras reposé.

    -Non, c’est maintenant que je veux me battre. Laisse Corbin se battre contre Ash et bats-toi contre moi.

     

    Steve a l’air bien décidé à se défouler. Il n’a peut-être pas tord après tout. Cela ne pourra que me faire du bien. Evacuer ma colère et ma peine en tapant sur quelque chose… Sur cette petite chose en l’occurrence… J’espère ne pas le blesser…

    Ash ne fait pas le difficile et accepte le combat. On se prépare alors et je commence par retenir mes coups. Mais le petit semble vraiment très doué et les évite à la perfection. Le coup qu’il m’envoie dans l’abdomen me fait reculer de plusieurs pas et le souffle me manque. Putain mais c’est qu’il est doué cette furie. Il a au moins le mérite de me faire penser à autre chose et je dois avouer qu’il est bien agréable à regarder aussi.

    Après deux heures de combat acharné, nous nous laissons tomber sur le sol, épuisé. J’ai fini par tout donner, mais il a toujours eu le dessus sur moi. Steve n’avait pas tord, Jacob est vraiment un combattant et un prof hors pair. J’ai des choses à apprendre avec eux. Je tourne la tête vers la furie qui me regarde en coin. Je craque pour lui et mu par un désir soudain, je colle mes lèvres aux siennes. Je le sens surpris au début, mais il se laisse faire et approfondie même le baiser au-delà des lèvres. Sa langue chatouille la mienne m’appelant à aller plus loin. Je suis dans un état second où j’ai besoin de plus. Mais ai-je vraiment envie d’entrainer un troisième innocent dans mon monde d meurtres et trahisons ? A cette pensée, je repousse Ash et pars sans un mot…

     


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  •  Chapitre 25 : Prise de conscience

    Point de vue de Tim

     

    Je suis tellement effrayé par tout ce qui m’arrive… Mon corps qui me lâche, Corbin qui réapparait dans ma vie et surtout Steve qui ne sait pas ce qu’il veut… Et moi qui tombe dans le panneau, à chaque fois… Je regrette tellement le jour où j’ai laissé parler mon cœur… Je m’en voudrai toujours de m’être laissé toucher par les paroles doucereuses de Steve… J’ai besoin de me confier, et qui sont mieux placés que mes deux meilleurs amis ?

    A cette heure ils doivent être à l’hôpital. La santé d’Aya ne va pas en s’améliorant. La pauvre sait la fin proche mais elle garde quand même le sourire. L’aide soignant qui vient la soigner à domicile, lui plait beaucoup. Ils sont très proches tous les deux. Elle a su voir au-delà du physique et lui a fait immédiatement confiance. Aya est doué pour comprendre les gens… Heureusement qu’elle est dans ma vie. Je ne sais pas comment je vais faire sans elle…

    Lucas lui est un battant. Il a vécu l’horreur et se bat maintenant pour retrouver sa mémoire et sa vie d’avant. Son ancien petit ami surtout dont il n’a plus aucun souvenir. Juste une seule et unique phrase qui lui revient sans cesse. Il rêve de pouvoir le retrouver et de vivre, enfin heureux.

     

    ***

     

    Attablé autour d’un petit déjeuner de champion, mes amis braquent leur regard sur moi attendant que je veuille bien leur expliquer le pourquoi de ma présence. Je ris doucement tout en prenant mon temps. Je veux savourer chaque moment que je passe avec eux.

     

    -Bon je crois que tu nous as fait assez languir, déclare Lucas.

    -Oui c’est vrai, appuie Aya. Il est temps de passer à table !

    -Il s’est passé du nouveau dans ma vie… Je lâche.

    -Avec le type qui est venue te chercher à l’hôpital ? Demande Aya.

    -Corbin ? Lui il est toujours égal à lui-même. Il me fait l’amour sans cesse ne me laissant aucun moment de répit.

     

    Lucas rit. Il connait très bien Corbin étant son meilleur ami. Il imagine très bien ce que je vis. En revanche Aya a beaucoup plus de mal.

     

    -Il devrait penser un peu plus à ta santé… Gronde-t-elle. Tu ne devrais pas le laisser faire.

    -Cela se voit que tu ne le connais pas, intervient Lucas. Il est impossible de dire non à Corbin Lomar sous peine de perdre la tête, et pas au sens figuré…

    -Il exagère un peu, je rassure, même s’il n’a pas totalement tord. Lucas et moi sommes les seuls à pouvoir lui dire non sans avoir peur de perdre la vie.

    -Enfin bref, coupe Aya. Et Steve dans tout ça ? Ton ex revient et tu le laisse tomber ?

     

    Je soupire en me souvenant du moment intense que j’ai passé avec lui. Même avec Corbin ce n’est pas aussi exceptionnel. Steve a ce côté doux et attentionné qui fait cruellement défaut à Corbin. Mais ses pénétrations sont toutes aussi sauvages que celles de Corbin…

     

    -Et oh Tim, dit Aya, on attend ta réponse.

    -Pardon, je repensais à Steve. Il est venu me voir et nous avons fait l’amour. C’était…

    -Quoi ? S’écrit Lucas. Il s’est enfin décidé à accepter son amour pour toi ?

    -Pas vraiment… Je pense qu’il a juste voulu tester pour voir s’il était gay… Après je suis allé prendre une douche et lorsque je suis sorti, il m’a carrément rejeté me lançant au visage qu’il n’avait rien à voir avec moi, qu’il n’était pas gay…

    -Il faut le comprendre, dit Lucas. Il n’a jamais pensé un seul instant qu’il puisse être gay et tout à coup cela lui tombe dessus… Il y a de quoi être effrayé…

    -Ou mais de là à coucher avec moi et me jeter après…

    -Ôtes-moi d’un doute, dit soudain Lucas très inquiet, Corbin n’est pas au courant ?

     

    Je baisse les yeux culpabilisant de ce qu’il peut arriver à Steve maintenant que Corbin sait tout. J’ai certainement tout gâché avec mon impatience.

     

    -Je n’ai pas eu le choix… Tu sais que l’on ne peut rien cacher à Corbin…

    -Oui mais là Steve risque très gros… Murmure Lucas.

    -Je ne comprends pas trop de quoi vous avez peur, intervient Aya. Corbin est peut-être un mafieux, mais il est tout gringalet. Il ne fera pas le poids face à Steve.

    -Corbin n’est pas craint à cause de son physique, explique Lucas, mais plutôt à cause de sa cruauté et de la facilité avec laquelle il se sert de son arme.

    -Et même le plus costaud des hommes ne pourra rien faire face à une arme, j’achève.

     

    Un silence pesant fait suite à ma révélation. J’espère vraiment que Steve va bien. Rien qu’à voir la tête de mes amis, je sais qu’ils pensent à la même chose que moi.

     

    -Dans tous les cas, dit Lucas, tu ne devrais pas juger Steve sur sa réaction. Il commence à peine à découvrir un autre aspect de sa sexualité. Je pense qu’il doit assimiler beaucoup de choses en même temps et cela lui fait peur.

    -Lucas a raison, ajoute Aya. Steve est un bon gars qui s’inquiète pour toi. Il n’arrête pas de venir me voir pour que je lui parle de toi. Et lorsqu’il apprend que je suis à l’hôpital, il vient me voir tous les jours pour prendre de mes nouvelles.

    -Je suis dans la même chambre que lui, avoue Lucas. Il passe son temps à me surveiller et des qu’il sent que je ne vais pas bien, il est toujours près de moi et l’air de rien me remonte le moral.

    -C’est quelqu’un de très généreux bien que très maladroit aussi, sourit Aya.

     

    Je sens bien que mes amis sont conquis par Steve. Ils lui trouvent tous pleins de qualités. Ils ont peut-être raison, mais je ne peux rien faire tant qu’il n’aura pas accepté ses sentiments pour moi. Aya doit aller à son rendez-vous avec le docteur et Lucas à sa séance de psy. Je les laisse donc et décide d’aller à l’école. Je dois voir l’administration pour prévenir que ma convalescence sera plus longue. Je ne pourrais peut-être même pas retourner en cours…

     

    ***

     

    Alors que je sors enfin de l’université, j’entends des bruits de conversations. Je reconnais aussitôt la voix de Corbin et de Steve. Je m’approche doucement et je jette un œil. Ils sont entrain de se battre… Mais c’est une blague ! Je ne vais pas laisser passer ça. Il n’a pas à se mêler de ma vie. Je me poste devant le portail, attendant que Corbin se décide à me rejoindre et priant pour que Steve n’ait rien.

    Il me faut attendre presque une heure avant de voir arriver Corbin. Son regard est dur mais dès qu’il me voit, il reprend un visage plus joyeux. Je ne me laisse pas attendrir.

     

    -Nous devons parler. Suis-moi.

     

    Il se jette sur moi en riant.

     

    -J’aime quand tu es sérieux mon petit Timmy. Mais je préfère que ce soit ton corps qui me parle.

    -Rentrons d’abord à la maison et mettons les choses au clair.

    -Comme tu veux, consens enfin Corbin.

     

    Tout en marchant, il cherche mon contact que je lui refuse. Je sais qu’il commence à être vraiment hors de lui, mais il doit comprendre que son attitude ne me plait pas du tout. Plus il tente de s’approcher de moi, plus je le repousse. Il perd maintenant patience et alors que je m’apprête à entrer dans la maison, il me plaque contre le mur me tordant le poignet dans le dos. Je sens son corps contre le mien mais la douleur me fait pousser un cri.

     

    -Corbin, tu es fou ! Tu me fais mal !

    -Qu’est-ce que tu as encore à me reprocher ? Je fais tout pour toi. Je prends sur moi et accepte toutes tes tromperies sans broncher. J’ai même renoncé à tuer les deux salauds qui s’en sont pris à toi. Tu n’es toujours pas satisfait ?

    -Si je t’en suis reconnaissant, mais Corbin lâche-moi.

    -Pas avant que tu me dises ce que tu me reproche, encore.

     

    En disant cela il se colle encore plus à moi. Je commence à étouffer entre son corps et le mur. Je ne supporte plus cette situation.

     

    -Je t’ai vu te battre avec Steve…

    -Et tu t’es dit que c’était de ma faute ? Tu as eu peur pour lui ?

    -Oui…

    -Il ne t’ait pas un seul instant venu à l’esprit que c’est moi qui pourrait être en difficulté ? Cela te trouerait le cul d’avoir un peu peur pour moi ?

     

    Il me relâche alors. J’en profite pour me faufiler dans la maison et m’enfermer dans ma chambre. J’ai tellement mal que je laisse mes larmes couler. Je déteste la violence et Corbin a l'air de l'avoir oublié... J'entends la porte s'ouvrir alors que je suis entrain de me changer.

     

    -Corbin, sors de là tout de suite.

    -Ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vu à poil...

    -Ce n'est pas une raison.

     

    Il s'approche de moi et me serre contre lui. Mon cœur s'emballe aussitôt et un désir intense s'empare de moi. Je jongle entre Steve et Corbin sans pouvoir en choisir un. Mon cœur n'est jamais au repos et mon sexe sans cesse en érection. Pour une fois, Corbin reste sage se contentant de me serrer contre lui. Bientôt je sens ses larmes couler sur mon visage.

     

    -Coby...

    -Je ne veux pas te perdre... Tu es à moi tu me l'avais promis... Pourquoi tu me fais ça ? Tu es ignoble...

     

    A ce moment précis il semble si vulnérable, si fragile. Je ne savais pas qu’il m’aimait toujours autant… Me serais-je donc trompé à ce point ?

     

    -Je te l'avais promis, c'est vrai, tout comme tu m'avais promis de ne jamais me quitter...

    -Quand vas-tu comprendre que j'étais obligé ?

     

    Je me dégage de ses bras, agacé par son comportement. Il ne l’entend pas de cette oreille. Il me plaque avec force sur le lit.

     

    -Tu es obligé d'être aussi brutal ? Tu me fais mal...

    -Tu ne peux pas partir et me laisser en plan... Tu veux aller retrouver l'autre ? Ce Steve à cause duquel tu t'es fait violer et presque tuer ?

    -Tu es complètement fou. Je veux juste partir loin de toi. Tu me fais trop peur... Tu es de plus en plus violent...

     

    Il consent à desserrer son étreinte mais pas assez pour que je puisse me libérer. Il pleure toujours et me parait alors tellement beau et vulnérable…

     

    -Je ne veux pas que tu partes, je ne le supporterais pas. Ne me quitte pas, j'ai trop besoin de toi...

    -Je ne veux pas te quitter, excuse-moi de t'avoir dit ça. Je t'aime Coby mais j'aime aussi Steve, et ça, il faut absolument que tu le comprennes...

     

    Il me regarde. Je vois son visage changer, ses traits s'adoucissent. Il libère mes mains et j'en profite alors pour me relever et le serrer contre moi.

     

    -Merci de l'accepter.

     

    J'ai envie de lui et pour une fois je vais prendre les devants. Je l'embrasse et refuse de le laisser prendre le contrôle sur ma langue. Je force la sienne à faire ce que je veux. Je lui fait perdre pied et une fois que je le sens bien déstabilisé, je lui permet de reprendre le contrôle. Surpris, il a un moment de doute mais se ressaisit rapidement. Il me pénètre avec force, sans prévenir, m'arrachant un cri de satisfaction. Je sens alors mon cœur ne faire qu'un bond. Les vas et vient de ses hanches se font rapides et saccadés. Je sens que je suis sur le point de jouir, mais Corbin m'ordonne d'attendre. Je serre les fesses pour retenir le sperme qui se fait plus pressant à sortir. Loin de vouloir m'en libérer, Corbin continue à me pénétrer avec fougue. Ne pouvant me contenir plus longtemps je pose un regard suppliant sur lui. Il accepte de me libérer et nous relâchons la pression, tous les deux à l’unisson comme au bon vieux temps... Je suis si épuisé et si euphorique que je m'écroule sur le lit, Corbin derrière moi toujours ancré en moi, son sexe refusant de se reposer.

     

    -On recommence ?

     

    Je le regarde droit dans les yeux. Comment peut-il être encore en forme après cette avalanche émotionnelle que nous venons de vivre...

     

    -Je suis épuisé, penses à mon cœur...

     

    Il se retire d'un coup laissant entrevoir son sexe encore en érection. C'est la première fois qu'il agit ainsi montrant son mécontentement.

     

    -Si tu ne couchais pas avec lui, tu aurais la force de recommencer.

    -Coby, s'il te plaît...

     

    Il me tourne le dos faisant mine de dormir. Je le laisse donc réfléchir et m'allonge pour me reposer. Il ne faut pas longtemps avant qu'il ne revienne me coller et m’enlacer tout en me couvrant de baisers. Il sait qu'en faisant cela il fait revivre mon sexe ce qui ne loupe pas. Je sens le désir s'emparer de mon corps mais ce n'est pas raisonnable. Je me sens bien trop faible. Lorsqu'il voit mon visage, Corbin comprend qu'il m'en demande trop et cesse immédiatement ses caresses. Il reste simplement allongé contre moi, sa tête enfouie dans mon cou.

     

    -Je t'aime petit Timmy. Ne me laisse jamais, j'en mourrais.

     

    ***

    Point de vue de Lucas

     

    Une semaine que je suis cloitré à l’hôpital… Je n’en peux vraiment plus de cette situation, il faut absolument que je retrouve la mémoire et que je sache enfin ce qui m’est arrivé. Mais pour l’heure je vais aider mes amis à se trouver. Ils méritent tous les deux d’être heureux. Corbin est assez fort et pourra s’en remettre facilement alors que Tim n’en a malheureusement plus pour longtemps et doit partir en étant le plus heureux possible. Steve est quelqu’un de très bien qui saura prendre soin de Tim et l’accompagner dans sa fin de vie.

    J’ai eu son adresse par son frère Thomas qui a tout de suite compris ce qui me pousse à lui parler. J’avoue que je stresse un peu à l’idée de me retrouver chez lui alors que je ne le connais pas si bien que ça au final. Mais je ne dois pas baisser les bras et mettre tout en œuvre pour le bien de Tim. Après avoir pris plusieurs inspirations, je me décide enfin à sonner. Un homme roux au regard perçant m’ouvre.

     

    -Bonjour, tu désires ?

    -Monsieur White ? Bonjour, je m’appelle Lucas. Je suis venu voir Steve…

    -Oh je vois. Tu dois être un ami de l’internat. Entre, il est dans sa chambre avec ses frères.

     

    Il me laisse passer en m’indiquant l’étage. Cet homme est impressionnant ! Je me sens vraiment petit face à lui et il dégage autant de choses que le directeur Akasha… Je le remercie avant de monter en silence les escaliers. J’ignore où me diriger. Il ya tellement de portes… Et je ne veux surtout pas fouiller toutes les pièces. Je tends l’oreille dans l’espoir d’entendre un bruit de voix qui me montrerait le passage. Ca y est, j’entends enfin des bruits de conversations. Je m’en approche doucement et m’apprête à taper à la porte lorsque je me fige : cette voix… C’est la même que dans mes rêves… Je rapproche ma tête de la porte jusqu’à y coller mon oreille. Je dois savoir…

     

    -Tu es certain ? Insiste Adam.

    -Oui, je pense qu’il a perdu la mémoire, avoue Steve. Il ne semble pas t’avoir oublié de son propre chef.

    -Tu veux dire que je me suis fait des films tout ce temps ? Insiste Adam.

    -Attends, quelque chose me revient, intervient Thomas. David m’en avait parlé un jour. Qu’est-ce que c’était déjà ?

     

    Omnibulé par ce qui se passe dans la chambre, j’en oublie complètement la prudence. Le retour est brutal lorsque je sens une main se poser sur mon épaule. Des frissons me parcours.

     

    -Tu entendrais mieux la conversation si tu étais à l’intérieur mon garçon.

     

    Le regard du père de Steve est dur et sévère. Je me sens tout penaud et ne trouve rien à répondre. Je baragouine un pardon presque inaudible. Il ouvre la porte.

     

    -Steve, tu as de la visite.

    -Merci papa, répond joyeusement mon ami. Oh Lucas, qu’est-ce qui se passe ? Viens, entre, ne reste pas à la porte.

     

    J’entre timidement ne quittant pas des yeux son père. Ce dernier finit par me sourire et partir avant de nous faire un signe de la tête. Steve n’hésite pas une seconde avant de me proposer de m’asseoir où le cœur me dit. Je n’arrive pas à détacher mon regard d’Adam. Etaient-ils entrain de parler de moi ? Cette voie… C’est celles dont je rêve depuis des années…

     

    -Je peux t’aider à quelque chose ?

     

    Steve me sort de mes rêveries. Je ne peux m’occuper de mes problèmes maintenant. Je dois penser à Tim. Il a toujours été là pour moi, c’est à mon tour maintenant.

     

    -Je voulais te parler de Tim…

    -Ha… Toi aussi…

     

    Je sens dans sa voix des doutes et une certaine fatigue. Je ne sais plus si j’ai raison de venir lui parler mais comme je suis là, je ne vais pas faire demi-tour.

     

    -Je connais Tim depuis longtemps même si je n’ai aucun souvenir d’avant mon accident...

    -Comment ça ? Intervient Adam. Quel accident ?

    -Je devais avoir 10 ans environ… Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé, mais je suis resté dans le coma plus d’un an et depuis mon réveil je ne me souviens de rien… Enfin, je connais Tim car nos parents travaillaient pour la famille Lomar. Je connais aussi très bien Corbin car il est mon meilleur ami et prend soin de moi.

    -Où veux-u en venir ? M’interrompt Steve.

    -Corbin aime Tim, mais il est prêt à le laisser partir…

    -En quoi est-ce mon problème, souffle Steve visiblement mal à l’aise.

     

    Son frère Thomas se lève d’un coup et vient se placer derrière son frère. Il lui saute alors dessus lui collant ses mains devant la bouche l’empêchant ainsi de parler.

     

    -Mon frère ne pourra plus t’interrompre, mais dépêche-toi de parler car je ne suis pas certain de tenir longtemps.

     

    Je ne peux m’empêcher de sourire devant leur relation si proche mais un regard de Thomas suffit à me rappeler à l’ordre.

     

    -Tim est vraiment tombé amoureux de toi-même s’il a mis du temps à s’en apercevoir. Il a été très blessé par Corbin et sa sœur, alors il a du mal à faire confiance, mais je peux t’assurer que son amour pour toi est sincère. Je sais que tu es persuadé d’aimer les filles, mais quelqu’un qui agit comme tu le fais avec une autre personne a forcément des sentiments. Alors je voulais juste te poser une question : si une fille agissait avec toi comme tu le fais avec Tim, qu’en penserais-tu ?

     

    Steve arrête de se débattre posant son magnifique regard bleu sur moi. Thomas le lâche et vient poser sa main sur ma tête ébouriffant mes cheveux.

     

    -C’est bien Lucas, tu sais lui parler. Laissons le réfléchir à tout ça. Il faut le temps qu’il digère ce que tu viens de lui dire.

     

    Steve semble, en effet, complètement ailleurs. Son regard est perdu dans le lointain et ne réagit même pas quand je lui dis au revoir.

     

    ***

    Point de vue de Steve

     

    Comment je réagirai si une fille agissait avec moi comme je le fais avec Tim ? Si elle venait tout le temps me parler prenant la moindre excuse pour le faire… Si elle squattait chez moi sans raison particulière… Si elle faisait tout pour me rendre jalouse… Si mon absence lui manquait… Si elle couchait avec moi et éprouvait du désir pour moi… Je crois bien que je me dirai qu’elle est amoureuse de moi… Je soupire rien qu’à l’idée du mal que j’ai pu lui faire avec mon orgueil mal placé. Je dois me rendre à l’évidence, j’aime un garçon et j’ai pris encore plus de plaisir avec lui qu’avec une fille…

    Je ne peux pas rester les choses en l’état, je dois tout faire pour me faire pardonner. Le pauvre a du tellement souffrir de mon manque de tact… Je me maudirai toute ma vie de lui avoir fait du mal. Je prends un pull et je me précipite hors de la maison. Je dois absolument le voir et même le soleil qui se couche ne m’en dissuadera pas.

    J’arrive tout essoufflé devant chez lui, mais je prends quand même le temps de reprendre mon souffle avant de taper à la porte. Quand je me décide enfin à sonner, personne ne me répond pas. Mais où peut-il être ? Je dois absolument le trouver et lui dire à quel point je l’aime. Je fonce chez Aya. Elle doit bien le savoir et, dans le cas contraire, m’aidera sans doute à le trouver.

     

    -Steve, qu’est-ce qui se passe ?

    -Je cherche Tim mais il n’est pas chez lui. Tu sais où il est ?

    -Non, je n’en ai pas la moindre idée.

    -Tu crois que tu pourrais m’aider à le trouver ?

    -Viens entre, je vais essayer de l’appeler.

     

    Mais elle n’a pas plus de succès que moi. Il reste tout aussi muet. Je ne sais plus quoi faire… Je suis complètement perdu…


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  • Chapitre 24 : Une demande surprenante

    Point de vue de Corbin

     

    Je suis quand même inquiet… Que me veut mon père ? S’il me fait venir c’est qu’il est forcément au courant… En même temps il a des espions dans toute la ville… Est-ce David ? Je sais qu’il travaille pour nous, mais je ne le crois pas capable d’une chose aussi idiote… A-t-il appris pour Tim ? Ou pour mon alliance avec la police et surtout Brennan ? Nous avons toujours fait en sorte d’être prudents… Il ne doit jamais savoir ce que je complote dans son dos. Mais je dois aussi tout faire pour protéger Lucas et Tim… Je ne veux plus qu’ils souffrent à cause de mon incompétence.

    Lorsque j’arrive à la maison, les gardes de mon père sont plus nombreux que jamais. Il doit se passer quelque chose pour que le daron prenne autant de précautions.

     

    -Maître Corbin, votre père vous attend.

    -Que se passe-t-il ici ?

     

    Il ne daigne pas me répondre et me désigne avec insistance la porte du bureau. Je soupire et entre sans frapper. Mon père est au téléphone et me fait signe de m’asseoir tout en mettant le haut parleur.

     

    -Les containers ont été saisis maîtres. Nous n’avons rien vu venir.

    -Quelqu’un a forcément du nous balancer, coupe mon père. Retrouvez le responsable et occupez-vous de lui.

    -Bien maître. Mais que faisons-nous pour les acheteurs ? Ils ne vont pas être contents d’apprendre que leurs marchandises à été saisies…

    -Je vais envoyer mon fils s’en occuper, ajoute mon père avant de raccrocher.

     

    Il se rencogne dans son fauteuil me dévisageant impassiblement. Je prends mes aises comme je l’ai toujours fait.

     

    -Cette attitude désinvolte ne te vaudra jamais le respect de nos hommes.

    -Pourtant j’ai l’impression que je suis aussi crains que toi voire même plus.

    -Ne prends pas la grosse tête. Tu étais un leader né, mais tu t’es laissé aller.

    -Le mariage n’amène jamais rien de bon.

    -Le mariage ou les extras avec Tim ?

     

    On y est. Alors c’est donc ça le problème. Je me tends légèrement, impatient de connaitre le verdict. Quel qu’il soit, il est hors de question que je me laisse faire. Mais contrairement à ce que je pensais, rien dans son visage ne laisse voir de la colère et de la contrariété.

     

    -Ecoute Corbin, ce que tu fais de ton cul m’importe peu en fait. Pour le moment la famille a de plus gros problèmes à gérer.

    -Tu vas faire quoi à Tim ?

    -Rien, tu fais ce que tu veux. Mais à une condition.

    -Je le savais. Il y a toujours un mais avec toi.

    -Tu t’es exilé trop longtemps. Tu dois reprendre ta place au sein de la famille comme mon unique héritier.

    -Je ne veux plus faire partie de cette famille, je réponds soudainement.

    -Tu n’as pas le choix, à moins que tu ne veuilles qu’il arrive malheur à Tim et Lucas…

    -Tu ne peux pas les prendre en otage pour me faire faire le sale boulot !

    -Je dois faire ce qu’il faut pour garder cette famille la tête hors de l’eau. On a besoin de toi et tu vas faire tout ce que je te dis.

     

    Il a raison, je ne peux pas en faire qu’à ma tête. On a vu ce que cela a donné. Je dois prendre sur moi et me plier à ses exigences. Je continuerai à manœuvrer dans l’ombre pour faire tomber son empire.

     

    -Tu attends quoi de moi exactement ?

    -Pour commencer règles-moi le problème de marchandises saisies. Je te donne carte blanche.

     

    Je me lève me préparant à sortir lorsque la voix autoritaire de mon père me retient.

     

    -Ne fais pas d’erreur car je ne te louperai pas. Au moindre faux pas, tu peux dire adieu à tes jouets.

     

    Je sers les poings furieux. Comparer Lucas et Tim a des jouets ? Si je n’avais pas autant peur, je n’hésiterai pas une seule seconde.

     

    -Et vas voir ta mère qui s’inquiète, ajoute mon père en se rasseyant.

     

    Je ne prends même pas la peine de répondre et je franchis la porte. Une fois loin de son regard, je soupire de soulagement. Cela aurait pu être pire. Je dois juste jouer son larbin si je veux les protéger. Avant de m’occuper de ce problème, je vais aller voir si Tim va bien. Je me fais du souci pour lui-même s’il m’en veut encore… Il ne comprendra jamais à quel point son absence m’a fait souffrir…

    Lorsque j’arrive à la maison, je le trouve, prostré par terre derrière la porte d’entrée. Aussitôt je me précipite vers lui inquiet qu’il ne lui soit encore arrivé quelque chose. Je le prends dans mes bras lui demandant des explications.

     

    -Qu’est-ce qui se passe ? Tu ne devais pas aller en cours ?

    -Si... Mais…

     

    Je le sens s’étrangler dans ses sanglots. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé et je commence fortement à m’impatienter.

     

    -Dépêche-toi de me dire ce qui se passe…

    -Si je te le dis tu vas encore t’énerver…

     

    Je ne me retiens plus et donne un grand coup de poing dans la vitre derrière lui qui se brise. Je me suis coupé et du sang s’écoule de ma plaie sur Tim. Il me regarde alors avec tristesse.

     

    -C’est Steve… Il est venu et voulait parler…

    -Il t’a insulté ? Il t’a fait du mal ?

    -Non… On a fait l’amour…

     

    Je me fige à cette nouvelle. J’ai l’impression que mon cœur se brise. Cette situation me pendait au nez depuis bien trop longtemps. Il fallait que ça arrive. Je détourne mes yeux de lui et cherche où ils ont pu le faire.

     

    -Où ? Sur le canapé ?

     

    Tim acquiesce. Je sens alors une douleur sourde m’envahir et ma colère devient alors incontrôlable. J’ai peur quand je suis comme ça… Peur de blesser l’homme que j’aime plus que tout au monde. Mais impossible de me retenir. Je le saisie par la taille et le porte jusqu’au canapé. Là je lui arrache ses vêtements et le prends violement sur le canapé. Même ses suppliques ne parviennent pas à me calmer. Tim pleure mais je ne peux pas m’arrêter, pas avant d’avoir jouis en lui. Seulement à ce moment je me calme. Mon sexe toujours en lui je le serre contre moi.

     

    -Je pensais que c’était ce que tu voulais… Qu’il couche avec toi…

    -Oui mais il est partie en me rejetant…

    -Je vais le détruire. Je te jure que je vais le lui faire payer.

    -Coby, non je t’en prie…

    -Peu importe ce que tu me dis, il va souffrir.

     

    Je repousse alors Tim et malgré ses frêles mains qui s’accrochent à moi, je m’en vais. L’air frais de l’extérieur finira par me calmer. Si je ne veux pas que Tim me haïsse, je ne peux pas faire trop de mal à Steve… Mais putain quel con celui-là !

     

    ***

     

    Je tourne dans tout l’établissement sans le trouver. Je demande autour de moi et heureusement qu’il est assez connu. Je finis par le trouver sur un terrain à l’abri des regards derrière le bâtiment. Il semble en pleine séance d’entrainement avec un homme aux cheveux  blanc. Il ya aussi Thomas. Mon père cherche à recruter ce garçon depuis un moment déjà sans jamais y parvenir. Le monde est petit quand même… Et il y a un autre jeune avec eux. Il est extrêmement mignon celui-là. Pile ce que j’aime. Si je n’étais pas autant occupé j’en ferai bien mon quatre heures…

    Je le regarde un moment sans me faire voir. Il se bat bien, y a pas à dire. De ce que j’ai entendu, il semble aussi être quelqu’un de bien, mais il me vole Tim… Et ça je ne pense pas pouvoir le lui pardonner.

     

    -Et toi !

     

    Je l’interpelle durement. Je vais lui faire comprendre qu’il ne doit pas se frotter à moi s’il ne veut pas que je me fâche. Il daigne enfin me regarder avant de se pencher vers Thomas. Je ne sais pas ce qu’ils se disent mais je pense que Thomas met en garde Steve contre moi.

     

    -Qu’est-ce que tu me veux.

    -Te démolir.

     

    Il se met à rire. Il ne m’en croit pas capables. S’il n’y avait pas Tim au milieu, j’aurai pu avoir beaucoup de respect pour lui : il fait parti des rares qui n’on pas peur de moi même en connaissant ma réputation.

     

    -On va se calmer les gosses, intervient le mec aux cheveux blancs. Tu es qui et qu’est-ce que tu veux à Steve ?

    -Il sait très bien qui je suis et je veux lui faire payer ce qu’il vient de faire à Tim.

     

    Son regard change soudain. Il comprend ce que je veux lui dire et surtout, je le sens, il sait ce qu’il a fait de mal. Je me rapproche un peu plus de lui ignorant tous ceux qui se trouvent autour.

     

    -Je vois que tu aimes te battre. Alors que penses-tu d’un duel ?

    -Un combat toi contre moi ? Répète Steve.

    -J’ai pourtant parlé français, non ?

    -D’accord, approuve Steve. Un contre un cela te convient ?

     

    Aussitôt Thomas s’interpose entre Steve et moi. Je ne comprends pas sa réaction car cela ne le concerne en rien.

     

    -Je te connais Corbin, dit-il avec sérieux. Laisse-nous ton arme. Seuls les poings sont acceptés. Jacob sera l’arbitre.

     

    Pour qui il se prend lui ? Comme si j’allais utiliser mon arme contre cet imbécile. Je n’ai pas besoin de ça pour le massacrer… Je fais cependant ce qu’il me dit, sans chercher les noises. Ce n’est pas le moment de perdre mon temps, j’ai une mission importante à accomplir. Maintenant face à mon adversaire, je me prépare au combat.

    En position de défense, Steve ne vient pas à moi. Très bien, c’est moi qui vais lancer les hostilités. Je m’avance prudemment et lui envoie un coup à la tête qu’il évite facilement. A ce que je vois il est plus doué que je ne le pensais… Qu’à cela ne tienne, j’enchaine avec un coup de pied qui l’atteint au ventre. Il recule à peine, souriant toujours. Il me porte un coup au visage que je n’avais pas vu venir mais je réplique aussitôt par un enchainement. Je lui porte au moins deux coups violents qu’il ne parvient pas à éviter. Mais lui réplique avec un sans faute qui me mets rapidement KO. Je ne suis définitivement pas fait pour les combats à mains nues. Moi je suis plus armes à feu.

     

    -Tu as perdu, constate Steve me tendant la main. Je ne sais pas ce que tu me voulais, mais tu vas peut-être me laisser tranquille maintenant ?

    -Fais le fier… Je ne digère toujours pas le mal que tu as fait à Tim, mais j’accepte ma défaite. Je ne te demanderai qu’une seule chose : Assumes les sentiments que tu ressens pour lui et prends soin de Tim… Je ne peux plus rien faire pour lui maintenant que son cœur est rempli d’amour pour toi. C’est un type super qui mérite d’être heureux…

    -Tu avais besoin de me défier en duel pour me dire ça ?

    -J’avais juste besoin de savoir quel genre de type tu es. Thomas c’est qui pour toi ?

    -Thomas ? Dit Steve étonnée. Lui ? C’est mon frère jumeau, enfin, triplé pour être précis.

    -Et eux ? J’ajoute en désignant les deux autres.

    -Le gars aux cheveux blancs c’est Jacob, un célèbre combattant de rue et Ash est un petit jeune qu’il a pris sous son aile.

    -Ash… Je murmure en partant…

     

    Ce petit m’a vraiment tapé dans l’œil. Son regard m’a déstabilisé tout au long du combat. Il a des yeux… J’aimerais bien le revoir, en attendant, j’ai du travail qui m’attends, pas des plus plaisants, certes, mais qui me sera très utile…

     

    ***

    Point de vue de Steve

     

    Ce qu’il vient de se passer me fait réfléchir. Pour que Corbin en vienne à venir me supplier d’accepter mes sentiments c’est que Tim souffre de mon comportement. Mais comment puis-je assumer une chose pareille ? J’ai toujours aimé les filles et pourtant j’ai pris bien plus de plaisir avec Tim qu’avec Géraldine aujourd’hui… Je suis tombé bien bas en allant voir celle qui me fait horreur… Je suis vraiment perdu.

     

    -Steve, dit Thomas en me donnant un coup dans le ventre, viens, suis-moi.

    -On va où ? Je lui demande intrigué.

    -Conseil de famille, répond-t-il tout sourire. Tu sembles avoir besoin des conseils de tes frères. Adam nous attend.

     

    Ils sont vraiment parfaits comme frères. Toujours présents et de bons conseils. Pourtant, bien que je les écoutes toujours, j’ai du mal à appliquer ce qu’ils me disent…

     

    ***

     

    Assis en tailleur par terre dans ma chambre, je regarde mes frères réfléchir. Je viens de leur avouer tout ce que j’avais fait dans la journée. Au passage avec Tim ils ont applaudis mais quand je leur ai raconté pour Géraldine ils ont carrément changé de tête. Thomas est maintenant allongé sur le dos, il regarde le plafond avec insistance. Adam quant à lui, fais les cent pas dans la chambre.

     

    -Je ne pense pas que tu sois gay, se lance finalement Adam. Si tu l’étais, tu aurais montré un quelconque intérêt pour les garçons avant.

    -On te connait maintenant, ajoute Thomas, tu es quelqu’un qui aime être utile, protéger les personnes. Alors que ce soit un homme ou une femme cela importe peu en fait.

    -Exactement, surenchérit Adam. Tu tombes amoureux de la personne qui a le plus besoin de toi.

     

    Je reste perplexe. Cela me parait fort peu probable… Soit on est gay, soit on ne l’est pas… Mais oui, c’est ça ! Une seule personne de ma connaissance persiste à se dire hétéro alors qu’il est marié avec un homme… S’il y en a bien un qui pourra vraiment m’aider c’est lui, mon grand frère, Shane !

     

    -Ce que vous dites n’a ni queue ni tête pour moi. Je sais qui je vais aller voir et qui sauras surement beaucoup plus m’éclairer qu’un bi ou un gay !

    -Tu vas voir Shane ? Me demande Adam.

    -Oui, il est le seul à penser qu’il est hétéro en couchant avec un homme.

    -Tu as une façon de dire les choses qui me surprendra toujours, rit Thomas. Alors oui, vas le voir.

    -L’essentiel c’est que tu puisses y voir plus clair, appuie Adam. Alors n’attends pas plus longtemps.

    -Les garçons, venez au salon s’il vous plait, crie maman.

     

    Nos parents n’ont pas pour habitudes de nous convoquer ainsi tous les trois, sauf pour quelque chose de grave. Est-ce Ramanga qui fait encore parler de lui ? Thomas est-il, de nouveau, en danger ?

     

    -Les garçons, nous avons une bonne nouvelle, déclare papa en nous fixant. Ramanga est mort, tué par un sorcier très puissant.

    -Parles-tu d’Hades ? Je demande intrigué.

    -Oui, le connais-tu ? S’enquit maman.

    -C’est le demi-frère de mon amie Ayame.

     

    C’est une excellente nouvelle. Notre vie va pouvoir reprendre sans avoir besoin de regarder par-dessus notre épaule. Et surtout, nous allons pouvoir quitter cette prison fictive dans laquelle nous avons été enfermés. Thomas va pouvoir vivre dans le présent sans penser au passé qui l’a détruit.

     

    ***

     

    Le début de soirée est déjà entamé depuis un moment lorsque je sonne à la porte de la petite maison de quartier de Nolan et Shane. J’ai peur de les déranger et j’espère surtout qu’ils seront disponibles pour me distiller leurs précieux conseils… C’est Nolan qui m’ouvre, un sourire sur le visage.

     

    -Oh Steve ! Tu es venu voir Shane ?

     

    Je me gratte la tête gêné de ne pas avoir d’autres excuses. Mais Nolan est gentil, il ne se vexera pas.

     

    -Oui, j’ai besoin d’avoir des réponses à certaines questions que je me pose…

     

    Nolan me sourit doucement avant de hocher la tête et de s’écarter pour me laisser le passage.

     

    -Et bien entre, tu n’as pas loin à le chercher, il est sur le canapé.

    -Je te remercie, dis-je ne pénétrant dans la maison.

     

    Je crois bien que c’est la première fois que j’entre dans leur petit nid. C’est vraiment très joli et je soupire en regardant le portrait fait à leur mariage. Que de bons souvenirs ! Soudain, mes yeux se fixent sur Shane.

     

    -Salut, je lance en m’approchant.

     

    En entendant ma voix Shane se lève et vient me serrer dans ses bras. Je suis content de le voir et surtout d’être aussi bien accueillie malgré l’heure tardive.

     

    -Hey toi, ça faisait un moment que je ne t’avais plus vu !

    -Oui je sais, j’ai été bien occupé ces derniers temps… Mais si je suis ici c’est que je suis complètement perdu et je pense qu’il n’y a que toi qui puisses m’aider.

    -Ah ? Bah, installons nous et dis-moi tout…

     

    Je m’installe sur le canapé et je commence à tout déballer. Mon jeu du chat et de la souris avec Tim, mon cœur qui bat des que je le vois, ma rupture avec Géraldine après avoir appris ce qu’elle a fait à Tim et mon amie Ayame, Mon moment torride avec Tim puis celui que j’ai eu avec Géraldine… Tout y passe, ce que je ressens mais aussi tous mes doutes et ma peur d’aimer un homme… Shane et Nolan m’écoutent sans broncher attendant que je finisse mon récit.

     

    -Quelle histoire… Mais si je comprends bien, tu viens me voir parce que tu éprouves des sentiments pour un homme, c’est ça ? Et que ça te fait peur ?

    -Non pas vraiment… En fait, je ne sais pas définir ce que je ressens pour lui… Ni ce que je veux réellement…

    -Dans ce cas, pose-toi cette question... Avec qui as-tu senti plus de choses quand tu as couché avec ce garçon et ton ex ? Quand tu auras trouvé avec qui, je suppose que tu sauras plus facilement ce que tu ressens et veux. Ou alors prend l'exemple que tu vois ce garçon avec un autre gars... Est-ce que cette idée t'énerve, ou au contraire, ça t'indiffère ? Il y a plein d'interrogations dans le genre que tu dois prendre en compte et y répondre sans te mentir à toi-même.

    -Ce que j’ai ressenti avec Tim était sans égal… Je n’ai jamais connu ça, mais c’est… un homme merde ! Je ne peux pas… Je ne le suis pas… Mais je ne supporte pas de le voir avec une autre personne… Surtout pas avec ce type, Corbin, qui passe son temps à le tripoter…

    -Steve... Répond Shane en soupirant et secouant la tête. Pourquoi te compliquer la vie ? En quoi le fait que Tim soit un homme est dérangeant ? Regarde-moi... Avant Nolan, je n'ai eu que des femmes dans ma vie, que ça soit pour une nuit ou pour un temps indéterminé, et le fait de me faire draguer par des hommes de temps à autres me dégoûtait. Mais quand j'ai réalisé que je tombais amoureux de Nolan, je n'ai pas vu le fait qu'il soit un homme, juste... La personne que mon cœur a choisie, rien de plus. La vie est trop courte pour te prendre la tête avec des questions de ce genre, laisse juste parler ton cœur, et non ta tête. Tu verras, quand tu auras compris ça et appliquera ce que je t'ai dit, tu te sentiras bien plus libre et tu te traiteras même sûrement d’idiot d'avoir douté autant.

     

    Ce que me dit Shane fait sens et je me rends compte que je m’attache trop à des choses futiles. Mais je n’arrive pas à outrepasser le fait que Tim soit un homme. En tous cas, Shane m’a beaucoup aidé. Il ne me reste plus qu’à faire le tri dans mes sentiments et découvrir ce que je veux vraiment. Je me lève, décidé à faire un gros travail sur moi.

     

    -Merci Shane pour tes conseils. Je savais que tu étais la personne que je devais voir. Merci à toi Nolan d’avoir accepté de me le prêter un peu.

    -C'était un plaisir.

     

    Shane se lève aussi et vient me tapoter l’épaule comme un grand frère le ferait.

     

    -Je suis là pour ça, pour t'aider en cas de besoin. J'espère que tu me diras ce qui en retourne après que tu ais mis de l'ordre en toi.

    -Oui je te le promets. Je te tiens dès que j’ai du nouveau.

     

    Je leur fais signe avant de m’enfoncer dans la nuit. 


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