• Chapitre 8 : Le retour de Ramanga

    Chapitre 8 : Le retour de Ramanga

    Point de vue de Ramanga

     

    -Plus jamais tu ne pourras faire de mal. C'est un remède contre le vampirisme et il n'est pas réversible. Si jamais tu comptes te faire une nouvelle fois transformer, saches que c'est impossible. Tu es condamné à vivre et mourir comme ces humains que tu détestes tant.

     

    Ces mots résonnent depuis bien trop longtemps dans ma tête... Ce jour où j'ai tout perdu... Tout ça à cause de ces créatures insignifiantes et sans intérêt... L'enfant de la prophétie... Quelle blague ! Je jure de me venger contre elle et tous ceux qui se sont opposé à moi... Les aliens, les vampires et les humains... Je jure que je n'en ferai qu'une bouchée ! Ils me le paieront ! Viendra le jour où Ramanga le cœur de pierre fera son retour et je n'aurai aucune compassion ! Ils vont tous périr de ma main... Shonta ma fiancée, Mera le roi alien, Akampa le roi vampire et ce traître de Cry killer...

     

    Depuis que j'ai perdu mes pouvoirs, une partie de moi est partie. Je suis né vampire et j'ai vécu en tant que vampire... D'avoir perdu ce côté de ma personnalité m'a fait sombrer dans la déchéance. J'ai eu la chance de pouvoir me venger en enlevant l'un des enfants de mon fils... Mais cet enfoiré d'humain me l'a repris... N'ayant plus rien, je passe mes journées à déambuler dans les allées sombre de Forgotten, me cachant des sbires du nouveau roi... J'ai encore des fidèles qui attendent mon retour. J'entends ce qui se dit, faisant fi de mon rang, méconnaissable et épiant les allers et venues des vampires...

     

    ***

     

    Alors que j'attends de glaner des informations, adossé contre un mur, une fille aux magnifiques courbes s’approche. A sa façon de se tenir, je peux tout de suite voir qu'elle n'a rien à faire ici, que ce n'est pas son monde... Mais à cause de la faiblesse du nouveau roi, toutes les créatures peuvent se sentir en sécurité ici...

     

    -Et toi, le clochard, j'ai une question.

     

    Sa petite voix autoritaire me déplaît. Je serre les dents et les poings prêts à la rouer de coups si nécessaire.

     

    -Tu me parais un peu trop sûr de toi pour te promener ainsi dans ce quartier sombre de Forgotten...

    -J'ai des atouts pour m'en sortir indemne.

     

    Je ris devant tant de toupets.

     

    -Très bien je t'écoute.

    -Je cherche celui que l'on appelle Ramanga.

     

    Je souris. C'est donc moi qu'elle cherche. Je me demande bien pourquoi une si belle femme s’intéresse à moi.

     

    -Que lui veux-tu ?

    -J'ai quelque chose à lui proposer.

     

    Je la regarde de bas en haut. Je suis curieux de savoir ce qu'elle a à me proposer... C'est une belle femme sans rien dans le cerveau... Exactement ce qu'il me faut pour assouvir mes envies. Je la veux à mes côtés...

     

    -Suis-moi, je vais te conduire à lui.

     

    C'est sans aucune hésitation qu'elle m’emboîte le pas. Cette fille est un régal et je vais en faire mon repas de ce soir... A mon arrivée dans ce quartier, j'ai élu domicile dans un squatt. C'est donc là que j’entraîne cette jeune femme pour la dévorer.

     

    -C'est ici que je vais le trouver ?

    -Ramanga c'est moi. Que me veux-tu ?

    -Toi Ramanga ? Laisse-moi rire... Tu n'as rien d'un roi mais d'un sale clochard de...

    -Je t'aime bien, mais il ne faudrait tout de même pas me pousser à bout...

    -Je n'ai pas de temps à perdre je...

     

    Personne ne m'a jamais parlé ainsi à part Shonta... Rien que de penser à la femme que j'aime mon sang se met à bouillir et je n'arrive plus à me contrôler... Je saute sur cette greluche et commence à l'embrasser à pleine bouche. J'ai un moment de stupeur quand je la sens répondre à mes caresses. Je la soulève du sol, la portant alors que se robe tombe au sol dénudant son corps.

     

    -C'est tout ce que tu as dans le pantalon ? Me dit-elle me défiant du regard.

     

    Cette femme est pour moi, il me la faut ! Mais pas tout de suite. Je veux d'abord savoir ce qu'elle me veut...

     

    -Dis-moi d'abord ce que tu me veux et ce que tu es prête à me donner pour l'avoir.

     

    Cette femme n'a aucune retenue. Elle me toise de ses grands yeux bleus me défiant du regard. Un petit sourire vient étirer ses lèvres.

     

    -Je suis la petite amie de Steve, ton petit fils. J'ai appris ce que tu as fait à son frère Thomas et ce que tu étais capable de faire lorsque tu étais au plus haut de ta forme. J'ai besoin que tu m'aides à garder Steve pour moi seule. Je veux qu'il ne puisse plus jamais me quitter quel que soit ses sentiments pour moi. Je suis prête à te donner ce que j'ai de plus précieux, mon corps...

    -Tu dis vouloir garder ton petit ami pour toi seul, mais que tu es prête à me vendre ton corps pour cela ?

    -Tu ne faisais pas tant le difficile il y a quelques minutes...

     

    Je viens me positionner derrière elle et commence à me délecter de son odeur... Pour un début, je peux déjà accepter et la faire mienne plus tard, lorsqu'elle ne pourra plus rien me refuser...

     

    -Laisse-moi d'abord tester ce que tu me donnes et je te ferais part de ma décision après.

     

    Elle ne se fait pas prier pour se donner entièrement à moi. Je me délecte de ce moment la faisant mienne encore et encore. Je reste insatiable d'elle et de son corps. Je le sens, c'est cette femme que je veux... Mais elle ne semble pas vouloir se faire dompter, pas encore...

     

    -Satisfait ?

    -Je vais te donner mes conditions pour obtenir mon aide et ma protection lorsque j'aurais retrouvé toute ma puissance. Je veux ton corps à chaque fois que cela sera nécessaire. Je veux que tu sois ma taupe, mes yeux et mes oreilles, que tu fasses tout ce que je te dirais... En contrepartie, je ferais tout pour que Steve reste tien...

    -Qu'est-ce qui me dit que tu en es capable ?

    -J'ai entendu parler d'une sorcière, Alice, dont la magie noire pourra nous être utile à tous les deux.

     

    Elle reste un moment silencieuse. Elle finit par se lever et me tend sa main.

     

    -Marché conclu. Si jamais tu échoue et que je ne peux obtenir ce que je veux, notre contrat sera automatiquement annulé.

     

    Avec Géraldine pour jouer les espionnes je n'ai pas de soucis à me faire. Qui irait penser que cette pimbêche prépare, en douce, mon retour ? Elle est loin de se douter du sort que je lui réserve, cela n'en est que plus jouissif...

     

    ***

     

    Déjà une semaine maintenant que j'attends qu'elle revienne me voir avec de bonnes nouvelles. Je commence à n’impatienter et si je ne la trouvais pas à mon goût je l'aurai déjà étranglé... Je fais les cents pas, irrité par l'attente. Je suis stoppé dans ma course par Géraldine qui vient d'arriver. Elle se tient devant moi comme si de rien était. Son attitude est toujours aussi provocante. Je croise les bras lui montrant mon mécontentement.

     

    -Une semaine ? Tu te fou de moi ?

    -Oh ça va ! Je suis là, c'est le principal !

    -Tu ferai mieux de changer de ton pour me parler... J'ai été un roi av...

    -Ouais mais là tu n'es plus rien, alors tu n'as aucun ordre à me donner... De toutes façons, je suis venue te prévenir. Steve et moi allons partir en vacances sur une île pen...

     

    Elle se fou vraiment de moi ? Je n'arrive plus à me contenir et la plaque contre le mur. Je veux bien être patient, mais il ne faut pas qu'elle abuse... C'est un peu trop.

     

    -Lâche-moi !

     

    Son ton se veut autoritaire, mais il est loin de me duper. Nous parlerons plus tard, pour l'heure, je veux juste la faire mienne... Je commence à l'embrasser. Elle se débat un peu, mais juste pour la forme puis elle finit par se laisser aller et me rend même mon baiser. Je la sens perdre pieds petits à petits entre mes mains et je me délecte de son odeur et de son goût. Je la soulève de façon à ce qu'elle soit complètement à ma merci sans possibilité de m'échapper. Je ne refrène aucune de mes pulsions, avec elle je suis comme je suis. Cela ne semble pas la déranger outre mesure. Je sens de la noirceur dans cette fille... Il me suffirait de pas grand-chose pour distiller dans son cerveau un peu de mon venin et d'en faire une esclave de premier choix... Je dois me montrer conciliant jusqu'à ce que je me débarrasse des frères White, un par un... Cette fois, je me contiens, même si je la sens avoir envie de plus, beaucoup plus...

    Frustrée, elle remet en place sa tenue et commence à partir, boudeuse. Je souris de la voir agir ainsi et la rattrape en lui ébouriffant les cheveux.

     

    -Ne boude pas vas, je vais te donner ce que tu veux, mais pas avant d'avoir eu mes informations !

    -Il faut toujours quelque chose en échange...

    -C'est la dure loi de la vie ma belle. Allez accouches que l'on passe aux réjouissances.

    -Une sorcière du nom de Alice aurait fait un truc dans cette ville. Mais je n'en sais pas plus.

    -C'est mince... Tu n'as pas pu faire mieux ?

    -Si t'es pas content fais le toi-même la prochaine fois. Tu m'as coupé toute envie. Je me casse.

     

    Je la regarde partir un sourire en coin. Rien ne sert de me presser. Elle sera à moi tôt ou tard. Je me laisse tomber sur le sol, réfléchissant à ce qu'elle vient de me dire... C'est donc ici que se cache Alice... Mieux vaut ne pas demander à Géraldine comment elle a eu cette information... Par où je vais bien pouvoir commencer mes re...

     

    -Mais oui ! Ce ne peut-être que là !

     

    Je me relève précipitamment impatient de rencontrer celle qui pourra faire de mes rêves une réalité... Je me mets aussitôt en marche, tremblant de désir...

     

    ***

     

    C'est dans un coin reculé de Forgotten que je découvre une ancienne demeure délabrée. C'est un endroit tellement sombre que personne, encore moins humains, n'osent s'aventurer. Je ne suis même pas certain qu'Akampa y soit jamais venu.

     

    -Splendide ! Cette femme me plaît déjà...

     

    Je souris devant l’audace et l'intelligence de cette Alice... Ce que j'ai entendu sur elle semble donc de plus en plus réel... Cette atmosphère me donne des frissons de joie... Comme j'ai hâte de retrouver ma puissance d'antan... J'entre dans le manoir m'attendant à voir quelque chose de grandiose, mais rien... Le manoir abandonné n'a rien de spécial : une décoration vieillotte, une odeur persistante de poussière stagnante... Mais surtout un calme plat, rendant ce lieu lugubre... En sommes, tout ce que j'aime...

     

    -Où est-ce que ça peut être ?

     

    Je marmonne tout en avançant un peu plus dans ma découverte de ce lieu. J'arrive jusqu'au salon où tout est encore à sa place, comme si les anciens propriétaires avaient pris la fuite... Ou assassiné... Je me lèche les lèvres à cette pensée... Sentir l'odeur du sang est une chose qui me manque cruellement... Mais je n'ai pas de temps à perdre pour ces parties de cache-cache puéril et sans intérêt. Alors que je vais pour abandonner, j’aperçois un escalier qui doit sûrement mener à l'étage...

    Cachant moyennement mon exaspération je commence à gravir les marches... Ma colère se fait plus grande lorsque je découvre le cul de sac dans lequel j’atterris. Je serre les poings prêt à exploser et à envoyer valser les bibliothèques imposantes qui meublent le couloir glacial... Je laisse mon geste en suspens... Quelque chose cloche, mais quoi ? Ce cul de sac n'est pas ce qu'il paraît... Je le ressens au plus profond de mes entrailles... Je m'approche doucement des bibliothèques... Lorsque j'entends des bruits de voix étouffée je ne peux m'empêcher de sourire : je l'ai enfin trouvée !

    Après plusieurs secondes de recherches, je trouve enfin le mécanisme qui permet d'ouvrir une porte dissimulée. Je ne peux m'empêcher d'être admiratif devant cette cachette et songe immédiatement à faire la même chose dans mon futur manoir... La porte s’entrouvre me permettant d'avoir une vue partielle sur ce qui se passe de l'autre côté. En revanche, les voix sont nettement plus claires.

     

    -...Nous y arriverons.

    -Mais quand ? Je n'ai nullement le temps d'attendre, s’élève soudain une voix grave et sensuelle, d'un calme presque terrifiant.

    -Elle... Elle semble s'être brouillée, elle doit probablement se douter que vous êtes à sa recherche, dit l'une des personnes agenouillées.

    -Et il est impossible de trouver une trace d'elle... Êtes-vous bien sûre qu'elle se soit éveillée ?

    -Évidemment, je serais bien stupide de ne pas la ressentir à nouveau en vie...

     

    J'en ai entendu assez et je commence à perdre patience... Je fais alors irruption dans la pièce provoquant un silence de plomb. La femme assise pose un regard vide d'existence sur moi, sans sourciller. Rapidement, les deux serviteurs se relèvent pour venir se planter devant moi, me menaçant du regard. Comme si cela pouvait me toucher. Ils sont pitoyables et je ne comprends pas comment une reine de son acabit peut s'entourer de tels incompétents... Si j'avais encore mes pouvoirs, ils seraient déjà morts...

     

    -Toi ! Que fais-tu ici ?

    -Est-ce tes affaires ? Je suis ici pour parler avec celle qui semble être ta chef, non pas avec toi.

    -Espèce d’insolant... Crache le serviteur tout en sortant une lame, prêt à me sauter à la gorge.

    -Arrête ! Ordonne la femme stoppant le geste du serviteur.

    -Mais ma dame... Il...

    -Laisse-le parler ! Ne t'a-t-on jamais appris à ne pas manquer de respect ?

    -Prie les dieux qu'elle ne t'égorge pas, humain de pacotille... Grogne le serviteur rangeant sa lame avant de s'éloigner.

     

    Un sourire aux lèvres, je m'avance pour venir me placer devant la femme. Elle ne dit pas un mot, se contentant simplement de m'observer, semblant m'analyser.

     

    -Je sais qui vous êtes, Alice. Je vous recherche depuis si longtemps.

     

    Alice joint ses mains, tout en conservant un silence absolu. Elle attend sûrement une marque de soumission de ma part... Bien que cela me répugne, pour le moment je ne peux rien y faire. Je dois me soumettre à ces bassesses... Un jour viendra où tout le monde me la paiera... Je m’agenouille immédiatement, le poing au sol et la tête baissée pour ne pas qu'elle voit la rage dans mes yeux...

     

    -Bien, tu sembles savoir comment agir en ma présence. J'accepte de t'écouter.

    -Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai besoin de votre pouvoir. J'ai eu vent de votre puissance... Vous êtes une sorcière au talent inestimable, surtout pour faire régner le chaos.

    -Je ne suis pas une sorcière, dit-elle d'une voix posée mais qui résonne tel le silence précédent un événement affreux, une mort proche. Je suis une relique, bien plus puissante que tout en ce monde.

    -Excusez ma maladresse, Ma dame.

    -Et comment vous nommez-vous ?

    -Ramanga. Jadis, j'étais un puissant démon, mais on m'a ôté tout mon pouvoir...Et je veux le récupérer. Si vous exaucez mon souhait, je vous promets d’être un élément précieux à votre règne.

     

    Alice se lève, les bras croisés devant elle. Son regard d'or m’observe avec condescendance.

     

    -Et qu'aurais-je en retour de cela ? J'ai déjà de précieuses personnes à mes ordres, peut-être toutes aussi puissantes... Je peux admettre que venir à moi sans défense est déjà un bel argument, sachant que je pourrais mettre fin à votre vie sur le champ... Mais ce n'est pas convainquant.

    -Vous me parlez de puissants serviteurs, mais ils n'ont pas été capables d'arriver à votre but. Moi je le pourrai. Je m’élèverai bien au-dessus d'eux et trouverai cette femme.

    -Vraiment ?

     

    Le regard d'Alice semble soudain se perdre dans le vide. Elle doit sûrement peser le pour et le contre de ma proposition. Je la regarde avec franchise ne dissimulant aucune de mes pensées. Elle vient alors se planter face à moi. Je ne bronche pas la fixant toujours

     

    -Ton regard est vide d'humanité... Tu es une personne ignoble, sans cœur et avec une haine indescriptible. Je peux le sentir. Très bien, je te laisse ta chance, mais tu as intérêt à me prouver ta dévotion.

     

    A sa demande, je me déplace un peu plus loin. Elle commence alors l'incantation d'un sort qui semble ancien dans une langue qui m'ait inconnu. L'air devient glacial tandis que les cris des morts résonnent partout dans la pièce. Les murs tremblent alors qu'Alice achève son rituel. Plusieurs secondes passent avant que je ne retombe sur le sol tellement plus puissant qu'avant. Mon apparence aussi a changé et je ressens enfin tous les bruits, les odeurs et les sensations qui m'ont cruellement fait défaut... J'éclate alors d'un rire terrifiant, rauque et glacial signifiant mon retour parmi les démons... Je me sens enfin libre !

     

    -Ma dame, merci...

    -Les seuls remerciement que j'accepterai seront lorsque vous m'amènerez le corps de ma sœur, morte ou vive.

     

    Je m'approche alors d'Alice et lui caresse doucement les épaules. Le froid de mes mains contraste avec la chaleur de son corps. Un sourire se dessine sur mes lèvres. C'est une femme comme une autre et mon charme devrait pouvoir faire son œuvre...

     

    -Vous savez, à présent que je possède toute ma puissance, je pourrais subvenir à vos désirs, quels qu'ils soient...

    -Cessez ces imbécillités, pour qui me prenez-vous ? Soupire-t-elle en me repoussant. N'espérez rien de mon corps, vous n'êtes pas assez puissant pour me convenir.

     

    Elle me tourne alors le dos. Un léger rire résonne alors dans la pièce.

     

    -Peut-être si vous me ramenez ce que je désire, vous y aurez droit, je devrais en juger. Mais d'abord espérez que je ne vous tue pas si je trouve le temps de recherche bien trop long.

    -Vous pouvez disposer, et ne me décevez pas, ajoute Alice et reprenant place dur son siège.

    -Bien Ma dame.

     

    Je ne supporte plus son ton condescendant qu'elle utilise un peu trop souvent à mon goût... Si je n'avais pas besoin d'elle... Même si je ne semble pas assez puissant pour la vaincre, j'ai l'intelligence qu'il faut pour gagner un combat... Je quitte le manoir me délectant de mes pouvoirs enfin revenus. Je n’hésite pas à me nourrir au passage du sang frais des humains croisant ma route. Les morts s'amoncellent sur mon passage signifiant ainsi au monde le retour de Ramanga le sanguinaire !

     

    ***

    Point de vue de Géraldine

     

    Ramanga est enfin redevenue un vampire et je dois bien avouer qu'il est vraiment très beau. Il me plaît beaucoup. Steve a de qui tenir. Il n'a plus rien à voir avec l'humain dénué de sex appeal. J'ai devant moi un véritable roi avec qui j'aime de plus en plus partager mon intimité. Steve et lui se ressemble plus qu'ils ne le pensent tous les deux, et j'en profite un maximum ! Ramanga semble vouloir me parler de quelque chose d'important aujourd'hui. Je me demande ce qu'il me veut mais ce qui est certain c'est que cela me promet une bonne partie de jambes en l'air...

     

    ***

     

    Sa nouvelle demeure n'a plus rien à voir avec la vieille bâtisse abandonnée mais c'est un beau manoir, en retrait de la ville. C'est lugubre et peu accueillant et j'avoue que je ne suis pas rassurée en avançant. Les vampires qui traînent ici ont les yeux injectés de sang et me regardent en se léchant les babines. Cela me remonte le moral et je leur fais mon plus grand sourire. Mais j'aimerais que l'on m'explique pourquoi des bêtes comme eux ont envie de moi alors que Steve continue à me parler de rupture... J'espère trouver vite une solution pour qu'il oublie cette idée idiote...

    J'ai à peine mis les pieds dans cette maison que je me sens chez moi. Les vampires ici se prosterne presque devant moi. Cela me plaît de me sentir importante. J'avise un vampire qui se nourrit sur une pauvre fille.

     

    -Il est où Ramanga ?

     

    Il délaisse sa proie pour me dévisager. Il me désigne ensuite une porte au fond de la pièce. Sans plus m'attarder je me dirige dans cette direction. Ramanga est assis dans un fauteuil le regard posé sur moi. Je ressens alors des frissons de désirs me parcourir. Une autre personne se tient à ses côtés.

     

    -Te voilà enfin... Viens t'asseoir, m'ordonne-t-il en me désignant ses jambes.

     

    Je ne me fais pas prier et viens m'installer confortablement sur Ramanga. Je le laisse m'embrasser langoureusement. Lorsque ses mains caressent mon corps, je ne réplique rien. Je le laisse faire ce qu'il veut de moi. Je ne comprends pas ce que je ressens avec lui... J'ai autant envie de lui que de Steve... Je me sens envoûtée et lorsque Ramanga me libère, je me sens mal... Je voudrais qu'il me possède là maintenant, tout de suite...

     

    -Sais-tu pourquoi je t'ai convoqué ?

    -Et comment veux-tu que je le sache ?

    -Je vais te donner ce que tu veux le plus... Enfin, si c'est toujours ce que tu désir...

     

    Je prends un moment pour réfléchir... Ramanga semble prêt à me donner tout ce que je veux sans que je ne lui coure après... Steve est toujours en train de me repousser et me parler rupture... Est-ce que cela vaut vraiment le coup que je fasse tout ça pour le garder ? Mon cœur qui bat ne me trompe pas... C'est Steve que je désir plus que tout...

     

    -Oui je le veux toujours...

    -Alors amène le par ici cet après-midi. Après cela, il ne pourra plus jamais te quitter même s'il en meurt d'envie. Tout ce qu'il pourra faire c'est de rester avec toi...

     

    ***

     

    J'ai réussi à convaincre Steve de m'accompagner pour une ballade. Il est pas ravie, mais il a accepté de faire cet effort à la condition que j'accepte de parler avec lui. Je me pends à son bras qu'il tente plusieurs fois de soustraire à ma pression. Mais devant mon acharnement, il finit par capituler.

     

    -Tu es vraiment pénible Géraldine. Tu fais semblant de ne pas comprendre que je veux qu'on arrête là tous les deux. Je...

     

    Je ne veux pas en entendre davantage, je me rapproche de lui et l'entoure de mes bras. Par réflexe, il passe les siens autour de mes hanches.

     

    -Steve, je t'en supplie, ne me parle pas de rupture. Je ne pourrais pas supporter de ne plus être avec toi. Je t'aime et je ne veux plus jamais que tu penses à une telle chose...

    -Et ce que moi je veux ? Tu t'en soucie ou cela t'ai égal ?

    -Je suis celle qui est faite pour toi, mais tu as du mal à t'en rendre compte. Je veux t'aider à le savoir. Fais-moi confiance et après tu n'auras plus aucun doute sur nous deux.

     

    Il souffle tout en regardant autour de lui. Il semble enfin se rendre compte de l'endroit où nous nous trouvons.

     

    -C'est quoi cet endroit ? Je ne te connaissais pas des goûts aussi macabres...

     

    J’aperçois Ramanga caché derrière un arbre. Il me fait signe m'annonçant qu'il est prêt. Je me sens tout à coup coupable, mais je ne regrette pas. Je veux que Steve ne soit qu'à moi et je suis prête à tout pour cela. Je me détache de l'homme que j'aime et je baisse les yeux tout en me retournant pour partir.

     

    -Je suis désolée Steve, mais c'est la seule solution...

    -De quoi tu parles ? Tu ne veux pas faire un effort pour être plus claire dans tes propos ? Ou c'est encore une chose qui...

     

    Tout à coup Ramanga se jette sur Steve et le maintien pour empêcher toute fuite. Il lui plante ses canines dans le cou et commence à s'abreuver de son sang. Le mien se glace devant cette horreur.

     

    -Mais lâche-le ! Tu n'as pas le droit !

     

    Steve est sur le point de perdre conscience après avoir perdu tant de sang. Ramanga libère son cou et un sourire apparaît sur son visage.

     

    -Son goût est un délice. Il y a bien du sang alien qui coule dans ses veines... Je ne me lasserais jamais de le goûter... Mon petit-fils... Tu as aussi bon goût que ton frère...

    -Qu'est-ce que tu fou ? Tu devais le rendre accros à moi et...

    -Sois patiente petite princesse... Écoute-le essayer de parler...

     

    Ramanga le fixe alors dans les yeux et son regard change puis il commence à murmurer quelque chose. Je suis trop loin pour entendre la totalité mais je saisis quelques mots...

     

    -... ton réveil... Géraldine la personne... jamais la quitter...

    -Qu'est-ce que tu marmonne ?

    -C'est de l'hypnose ma belle. Quand un vampire de mon rang hypnotise un humain, ce dernier n'a pas d'autres choix que de se plier à ses exigences. Ton problème est réglé et j'attends que tu fasses ta part.


  • Commentaires

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :