• Chapitre 7 : La maladie

    Chapitre 7 : La maladie

    Point de vue de Tim

     

    Encore une nuit à rêver de lui... Corbin... Celui qui m'a brisé le cœur... Ma sœur n'est pas mieux non plus... J'ai coupé les ponts avec le seul membre de ma famille encore en vie... Elle m'envoie de l'argent tous les mois pour payer le loyer et mes dépenses courantes, mais je refuse de lui parler... Pourquoi je dois revivre, encore et encore, cette scène ? Des mots toujours des mots. Je les connais les gens comme lui... Ils ont autant de succès auprès des filles comme des hommes et ils se croient tout permis... A la première occasion ils te poignardent dans le dos... Plus jamais je ne leur ferai confiance...

     

    ***

     

    Je soupire à l’idée de devoir passer une nouvelle journée à l'hôpital... Lorsque ma sœur et Corbin sont partis, je suis tombé malade... J'étais tellement faible que j'ai dû rester plus de trois mois à l'hôpital sans pouvoir bouger. Puis le verdict est tombé : j'ai un cancer très rare des os... Ma sœur, seule tutrice, a été prévenue et s'est rendue immédiatement à mon chevet. J'ai refusé de la voir elle et son mari... Pourquoi devrais-je souffrir encore plus ? Du coup, le moindre effort, le moindre choc peut m'être très fatale. Je dois passer, une fois par mois, la journée à l'hôpital pour faire de la chimio. J'ai toujours détesté cet endroit... Je me souviens du temps que j'y ai passé à veiller mon ami, Lucas, dans le coma... Je laisse couler l'eau tiède sur mon corps que je déteste tant... Je dois toujours faire attention à la température ou à la pression si je ne veux pas me briser les os un par un...

     

    Ces journées à l'hôpital ont, au moins eu l'intérêt de me faire rencontrer ma meilleure amie, Aya. Cette fille a cinq ans de plus que moi et sa maladie s'est déclarée alors qu'elle venait d'avoir 2 ans... La pauvre doit rester enfermée chez elle et sa maladie est à un stade beaucoup plus avancé que la mienne. Elle profite de chaque moment pour le vivre à fond car elle sait que ses jours lui sont comptés... je l'admire tant... Elle sait rester stoïque malgré la maladie qui la ronge... Les médicaments et sa condition de vie sédentaire lui ont fait prendre beaucoup de poids ce qui n'arrange pas son agoraphobie. Elle passe son temps derrière son ordinateur, caché derrière une fausse photo d'elle... Malgré ses formes, je la trouve très belle et si je n'étais pas gay, je sortirai avec elle... On a tout de suite sympathisé et le réalisme avec lequel elle voit le monde me surprend à chaque fois.

     

    ***

     

    Après la mort de mes parents et le mariage de ma sœur, je ne pouvais pas me faire à l'idée de vivre dans la maison familiale. Nous avons donc revendu la maison et je me suis pris celle-là, petite et simple. Je vis seul et j'en suis content. Je peux faire tout ce que je veux, enfin, tout ce que mon corps me permet... Je dois éviter de lui en demander trop et manger sain. Autant dire que je dois me priver de vivre ! Mais j'ai fini par trouver ce qui me fait vibrer : la musique, le piano pour être plus précis. Depuis que j'ai appris à jouer, je m'en sers pour m'évader et oublier ma maladie. Les études aussi sont très importantes pour moi. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai décidé de m'inscrire dans cette nouvelle université pour suivre le cursus musical. J'ai eu la dérogation pour vivre chez moi et j'ai même un emploi du temps aménagé pour éviter que je me fatigue...

     

    ***

     

    Cette journée promet d'être longue, mais je dois m'y faire... Une batterie d'examen m'attend... Autant dire que je vais passer ma journée à l'hôpital. Mais heureusement Aya y sera et on passera encore notre temps entre la bibliothèque et la salle de jeu pour patienter entre chaque examen. Aya aime quand je joue du piano. Elle dit que cela l'apaise et lui fait oublier, un peu, sa maladie. Alors j'essaie de jouer le plus souvent possible. Il pleut aujourd'hui... J'ai toujours aimé sentir la pluie ruisseler sur mon visage. Il fera nuit lorsque je pourrais rentrer chez moi ce soir...

     

    C'est une ambulance qui va chercher Aya et qui l’amène à l'hôpital directement. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis vraiment heureux de la voir derrière les grandes baies vitrées du bâtiment austère qui m'attend. Dès qu'elle me voit, Aya me fait de grands signes. Je me dépêche d'entrer et la serre délicatement dans mes bras.

     

    -Salut toi ! Je me languissais de venir !

    -Tu es bien la seule ma beauté ! Mais dis-moi, tu as l'air en forme aujourd’hui !

    -Oui c'est vrai, j'ai un regain d'énergie et je me sens capable de déplacer des montagnes !

     

    Je ris à sa dernière phrase.

     

    -N'en fais pas trop quand même...

    -Tu me connais !

     

    Elle me prend alors la main et m’entraîne à sa suite. Je me laisse faire de bon cœur.

     

    -Tu commences par quoi aujourd'hui ?

    -J'ai rendez-vous avec le docteur dans dix minutes.

     

    Elle s'arrête tout à coup. Je me demande bien ce qui se passe et je m’inquiète aussitôt.

     

    -Aya, ça va ? Tu as mal quelque part ?

    -Non non. Je suis juste un peu triste de ne pas pouvoir profiter de toi beaucoup ce matin...

     

    Je la prends dans mes bras pour la rassurer.

     

    -Je ne partirai pas d'ici tant que tu ne m'auras pas raconté toute ta vie !

     

    Elle me fait un sourire.

     

    -On mange ensemble ?

    -Rien ne pourra m'empêcher de partager ce moment avec toi !

     

    Je sais que je suis son seul ami. Il faut dire qu'avec sa santé, ses anciennes amies lui ont tournées le dos. Sa mère est partie juste après sa naissance. Son père a essayé de les élever, elle et son grand frère, comme il pouvait mais lorsqu'il a appris pour sa maladie, il est parti et n'est plus jamais revenu. Elle est restée vivre avec son frère qui a pris la fuite dès qu'il a pu. Elle se retrouve donc toute seule. Ce n'est pas de la mort dont elle a le plus peur, mais d'être, une nouvelle fois, abandonnée. Elle ne veut plus s'attacher, pourtant, avec moi, elle a renoncé à sa promesse. Je me suis alors juré de ne jamais la laisser tomber...

     

    ***

     

    Mon rendez-vous avec le médecin s'est plutôt bien passé. Il m'a fait une prise de sang puis j'ai passé une échographie. Cette après-midi je dois encore faire une IRM puis je serai enfin libre. Je rejoins Aya à la cafétéria.

     

    -Alors ? Le docteur a dit quoi ?

    -Que pour le moment ma maladie stagne. Je ne dois pas trop forcer et faire encore très attention.

    -Il t'a autorisé à entrer dans cette université ?

    -Oui, pour le moment rien ne va à l'encontre de mon projet...

    -Tu vas le revoir ?

    -Qui ?

    -Ce garçon pour lequel tu aurais été prêt à quitter Corbin ?

    -Steve...

     

    Mes yeux se font rêveur en repensant à ce garçon qui m'avait laissé bouche bée tant sa beauté m'avait frappé... Mais j'ai bien vite déchanté lorsque j'ai compris que la seule chose qui l’intéressait était la célébrité et les filles bien roulées... Aya me sourit, n'imaginant pas à quel point je le déteste...

     

    -Je me suis trompé sur lui... Il est comme tous les autres... Je le déteste et ne veux plus jamais avoir à faire avec lui... Il se contente de sortir avec l'une des filles les plus populaires qui a le QI d'une huître...

    -Ne serait-ce pas de la jalousie que je sens dans ta voix ?

    -De toutes façons, mon but à moi est de devenir médecin alors je refuse que quelque chose se mette en travers de ma route !

    -Pourquoi vouloir être médecin si ta passion c'est le piano ?

     

    Mon regard se fait plus tendre alors que je regarde mon amie.

     

    -Je vais trouver le remède à ce cancer... Je te promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour te soulager...

     

    Aya se met à pleurer. Je suis le plus chanceux des hommes d'avoir une amie comme elle à mes côtés. Je ne la laisserai pas partir sans avoir tout tenté ! C'est la promesse que je me suis faite il y a longtemps... Elle doit passer la nuit à l'hôpital... Ses résultats ne sont pas très bons... J'en ai les larmes aux yeux mais elle continue à garder ce sourire qui me réchauffe le cœur.

     

    -Tim, tout va bien ! Je t'assure.

    -Je vais rester à l'hôpital avec...

    -Ne dis pas de bêtises, dit-elle en riant. Tu dois te préparer pour ton entrée dans cette université. N'oublie pas que si tu as été autorisé à manquer quelques cours ce n'est qu'à la condition que tu rattrape rapidement ton retard...

    -Je ne m’inquiète pas de ça, ce sont des choses sans importantes par rapport à toi...

     

    Soudain son visage se fait plus grave et une pointe de colère passe dans ses yeux. Le regard qu'elle pose sur moi se fait dure, mais finit par s'attendrir. Elle souffle et s’approche de moi avant de se lover dans mes bras.

     

    -Tu ne peux pas dire ça... Tu sais que toutes ces choses que tu trouves futiles sont les plus importantes pour moi ?

    -Ce n'est pas ce...

    -Je ne pourrais jamais faire ce que tu fais... Et pourtant c'était mon rêve !

    -Tu n'en m'en as jamais parlé... Je murmure légèrement honteux de ne pas avoir pensé à ses sentiments.

    -C'est sans importances puisque j'ai dû tirer un trait dessus... Mais toi tu peux encore réaliser les tiens. Alors profites autant que tu le peux...

     

    Cela doit encore être trop frais pour elle... Quand j'aurais trouvé le remède contre cette foutue maladie, je ferais tout pour l'aider à réaliser son rêve oublié.

     

    -Allez va mon preux chevalier.

     

    Elle me pousse hors de sa chambre en me déposant un baiser sur mon front. Le regard baissé et triste, je parcours le long couloir froid de l'hôpital. Aya... Cette fille en or a beaucoup à nous apprendre... Elle a une force et une joie de vivre... J'aimerais pouvoir lui ressembler mais depuis le départ de Corbin je ne suis plus que l'ombre de ce que j'étais...

     

    -Tim !

     

    Je sursaute en entendant mon nom. Je ne m'y attendais pas... Le jeune garçon qui vient de m’appeler a les cheveux bruns et des beaux yeux verts. On se voit souvent ici, à l'hôpital, mais pas pour les mêmes raisons... Le pauvre a passé plus d'un an dans le coma et à son réveil il ne se souvenait de rien... Il a fait une grosse dépression a tendance suicidaire. Il doit aller, chaque semaine voir un psychiatre. Je prends place à côté de lui en lui adressant un sourire chaleureux. Lucas est ce qui se rapproche le plus d’un meilleur ami.

     

    -Comment tu te sens aujourd'hui ?

    -Ça va... Je me bats toujours pour me souvenir de ce qui s'est passé avant tout ça.

    -Et tu ne te souviens toujours de rien ?

    -Juste de cette phrase : « Je t'aime Lucas, je t'aime comme tu es. Aie plus confiance en toi, tu es un garçon exceptionnel... »... Je ne me souviens plus de son nom ni de son visage mais ces mots restent gravés en moi. Cette sensation de bien-être et cette voix grave me donnent encore des frissons... J'ai été aimé... Mais par qui ?

    -Tu vas finir par t'en souvenir, ne te brusque pas trop... Et Corbin... Il vient encore te voir ?

    -Oui... Tu refuses toujours de lui parler ?

     

    Je fixe le bout de mes chaussures comme si je les trouvais soudain digne de toute mon attention.

     

    -Je ne veux plus jamais revoir ce... Ce... Je n'ai même pas de nom pour le décrire. C'est un lâche et je ne le lui pardonnerai jamais !

     

    Lucas soupire en s'adossant contre le dossier de sa chaise.

     

    -Il a peut-être de bonnes raisons... Tu devrais lui...

    -Ne t'en mêle pas Lucas. Pense à toi d'abord. Je t'assure qu'il ne me manque pas... Deux ans sans le voir... Au début c'était difficile, mais plus maintenant. J'ai des projets et des amis, je n'ai pas besoin d'un chéri, surtout pas de quelqu'un comme lui...

    -Lucas, tu peux venir, dit le docteur en sortant de sa salle.

     

    Mon ami me fait un signe de la main avant de disparaître à la suite de son psychiatre. Une fois seul, je me rends compte à quel point je suis fatigué. Il est temps que je rentre me reposer. Demain une longue journée m'attend...

     

    ***

     

    Cela fait maintenant quelques jours qu'Aya est obligée de rester à l'hôpital... Son état de santé ne lui permet pas de sortir. Je suis vraiment bouleversé et je me demande bien ce qui pourrait lui faire plaisir... Mais je n’arrête pas de penser que moi aussi, bientôt je serai dans cet état... Cette foutue maladie... Et je suis seul, comme Aya... Je crois bien que c'est la pire chose... Je me laisse tomber sur le lit que je venais à peine de quitter et je fixe le plafond... Corbin... Pourquoi m'as-tu trahi ? Tu m'avais promis... Tu avais juré que tu serais toujours là... Tu n'es qu'un menteur... Mais le pire c'est elle, Orihime... Elle n'a pas hésité avant de t'épouser... Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ?

     

    ***

     

    La rentrée approche à grands pas. Je dois absolument étudier avec plus d'acharnement et prouver au directeur que j'ai, moi aussi, ma place au sein de son école. Il n'a pas l'air commode, et je me sens tout petit à chaque fois que je suis face à lui, mais je le dois. Je me retrouve à la bibliothèque de la ville. J'avoue que je déprime un peu tout seul chez moi. J'ai besoin de voir du monde. Je prends plusieurs bouquins que je pose sur l'une des tables vides avant de prendre place sur la chaise. Je reste un moment à contempler tous ces livres me demandant par lequel commencer...

    Je me plonge dans la lecture tout en écrivant dans mon cahier. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis en train d'étudier lorsque je les vois arriver... Ces garçons que je ne peux pas me voir... Il y a David. C'est un jeune qui travaille pour le père de Corbin et ses deux meilleurs amis, Pierre et Thomas. Je n'aime aucun des trois bien que Thomas soit le plus honnête et droit. Je range mes affaires et me hâte de sortir. Je ne veux pas être confronté à David... Je sais très bien ce qu'il va se passer...

     

    Alors que je suis sur le chemin, je sens une main se poser sur mon épaule. Je me retourne pour faire face à cet inconnu. Je recule lorsque je vois David et ses amis. Je prends peur mais ne me laisse pas décontenancer. Je leur fais face.

     

    -Qu'est-ce que tu veux ?

    -Où il est ? Demande David.

    -Je t'ai déjà dit que je n'en savais rien...

    -Le patron veut le voir et je sais que vous étiez proches...

    -Il n'a qu'à chercher son fils tout seul !

     

    David éclate de rire et s'apprête à me frapper lorsque Thomas s'interpose en retenant son bras.

     

    -Ça ne servira à rien de le frapper. S'il te dit qu'il ignore où il se trouve, laisse-le tranquille.

    -Tom, cela ne te concerne pas, réplique David en se dégageant.

    -Non mais je ne peux pas te laisser frapper les gens sans raison, soupire son ami. Nous avons plus intéressant à faire.

     

    David serre les poings. Je le connais Thomas... Lui et ses frères sont les garçons les plus populaires mais en réalité ce ne sont que des pantins. Ils font semblant d'être gentils pour avoir le plus de renommés possible. Je déteste les gens hypocrites et faux comme eux... Je n'en peux plus de ces idiots... Tous les mêmes, vraiment... Pas un pour rattraper l'autre... Mais qu'est-ce qu'il fou Corbin ? Il m'avait promis de toujours me protéger et résultat, je suis encore plus en danger... Je me laisse tomber sur le sol tremblant encore de peur... Je ne sais plus quoi faire, je suis vraiment perdu... Je laisse mes larmes couler ne parvenant plus à les arrêter. Tant de sentiments se mélangent et refont surface que je ne parviens plus à réguler toutes les émotions qui m'envahissent. Aya, Corbin, Orihime, Steve... Tout se bouscule et déborde...

     

    Je ne sais pas depuis combien de temps je pleure, assis par terre... Lorsque je sens une main se poser sur mon épaule je sursaute, effrayé de revoir ces garçons. Mais le sourire qui me fait face et ses yeux plein de douceur me calme immédiatement. Je réponds avec un sourire timide.

     

    -Tim, ça va ?

     

    Je hoche affirmativement la tête en essuyant les dernières larmes qui menacent de couler. Je n'ai pas le droit de me montrer triste devant lui. Il souffre déjà assez. Lucas s’assoit à côté de moi et regarde le ciel.

     

    -Tu as le droit de pleurer... Tu n'as pas à avoir honte...

     

    Il se rapproche de moi et passe son bras autour de mes épaules. Je me calme petit à petit et lui confie ce qui vient de se passer.

     

    -Je vais en parler à Corbin, lui seul...

    -Non, je refuse qu'il se mêle de quoique ce soit. J'ignore pourquoi son père le cherche, mais je ne veux rien lui devoir. Ne lui en parle pas, je t'en supplie.

     

    Lucas soupire et reste silencieux un moment.

     

    -Tu es buté toi et pas qu'un peu !

    -C'est ce qui fait mon charme !

     

    On éclate de rire. Je vais tout de suite bien mieux. Malgré la dépression qui le guette à tout moment, Lucas sait toujours être un ami sur qui on peut compter. Il se relève d'un coup et se penche pour m'aider.

     

    -Allez viens, tu ne vas pas rester planté sur le sol froid à déprimer. Allons faire un tour !

    -J'ai des révisions à...

    -Oh arrête avec ça ! Il n'y a pas que les études dans la vie ! Et tu es déjà assez intelligent comme çà. Ta tête va finir par exploser à force de vouloir y faire rentrer toujours plus de choses.

     

    Il sait toujours comment me remonter le moral. C'est vraiment un ami formidable. Je saisis sa main puis nous partons marcher un peu. Un silence apaisant s'installe. Nous déambulons tous les deux ancrés dans nos pensées. Je sais que Lucas aimerait se souvenir de ce garçon et surtout de l'accident qui lui a enlevé une partie de ses souvenirs. Je crois connaître le nom de celui qu'il cherche, mais dois-je lui en parler ? Je décide finalement d'attendre pour lui parler de ce que je sais... C'est pour lui que je fais ça...


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