• Chapitre 16 : Une soirée cauchemardesque

     Chapitre 16 : Une soirée cauchemardesque

    Point de vue de Pierre

     

    Je vais me le faire ce petit con… Il va me payer tout ce qu’il a fait. Je jette un rapide coup d’œil aux alentours et ne vois personne. C’est une chance que je me dois de saisir et je n’ai pas beaucoup de temps. Je vois déjà Tim commencer à entrer dans la maison. Sans trop réfléchir, je le plaque contre le mur tout en refermant la porte doucement. Je pèse de tout mon corps sur lui l’empêchant de bouger. Assez brusquement, je laisse ma main se promener sur son corps tout tremblant. Je sais qu’il aime ça ce pervers. Je souris face à ses lèvres pincées et ses petits yeux suppliants alors que ma main se faufile dans son pantalon. Je prends plus de risque en attrapant son sexe à pleine main et je rapproche ma bouche de son oreille.

     

    -Tu ne voudrais pas que Steve apprenne, par mégarde, que tu es un pédé ?

     

    La panique s’empare de son regard. Il tente encore une fois de se dérober à mon emprise mais faible comme il est, il ne fait pas le poids. Je savoure cet instant de domination et je me régale de l’entendre gémir.

     

    -Fais attention, on dirait que tu y prends du plaisir… Tu devrais rester dehors histoire de te rendre plus présentable. Moi je vais aller faire la fête avec les autres…

     

    Je le laisse en plan, content de moi et de mon effet. J’espère qu’il a compris le message et qu’il ne me forcera pas à faire quelque chose de plus poussé… Pour Steve, je suis prêt à tout… Le voyant discuter avec une fille, Géraldine s’empresse de le rejoindre en évinçant brusquement l’intruse. Je reste debout ne sachant pas trop comment me comporter. J’ai envie de les rejoindre, mais je ne sais pas si je le dois… Je ferai peut-être mieux de surveiller Tim pour éviter qu’il ne mette, prématurément, fin à notre petite soirée. Alors que je m’apprête à le chercher, Steve m’interpelle me demandant de les rejoindre.

     

    -Alors Pierre tu cherches qui avec autant de concentration ?

    -Personne, je réponds essayant de cacher mon mal l’aise.

    -Allez tu peux nous le dire si tu as vu une jolie fille…

    -Occupe-toi plutôt de la tienne si tu ne veux pas que quelqu’un te la pique.

     

    Géraldine se colle un peu plus à Steve qui semble tout à coup hésitant. Il balaye, lui aussi la salle du regard. Qui peut-il bien chercher avec autant de concentration ? J’espère que ce n’est pas Tim car je ne le supporterais pas… Un petit verre m’aidera sans doute à me déstresser. Je fais signe à Steve que je vais me chercher un verre avant de me lever. Tout à coup je le vois, il se dirige vers l’étage. Il va surement s’isoler dans sa chambre. Cela ne pouvait pas mieux tomber. Je vais en profiter pour le tenir à l’œil et si je peux avoir un petit extra, je ne dirai certainement pas non…

    Tout à coup je vois Steve se lever et partir en direction de Tim. A son visage, je constate qu’il l’a aussi remarqué et qu’il compte aller lui parler. Je serre les poings de rage m’en voulant d’avoir laissé passer ma chance. Mais Géraldine me rejoint presque aussitôt.

     

    -Tu sais ce qui lui prend ? demande-t-elle en colère. Il me plante toujours sans un mot.

    -D’après toi, je réplique sèchement. Il vient de voir Tim et il s’est empressé de le rejoindre.

    -Pour de bon ? Il faut vraiment faire quelque chose contre lui. Cela devient invivable !

    -J’ai une petite idée, mais c’est assez dangereux.

    -Dis-moi. Au point où j’en suis, je suis prête à tout !

    -D’après toi, comment réagirait Steve s’il apprenait que Tim lui a caché son homosexualité ?

     

    Géraldine prend un moment pour réfléchir puis un sourire illumine son visage.

     

    -Très mal puisqu’il déteste le mensonge !

    -Et ce sera l’occasion pour nous de le récupérer pour le séparer définitivement de lui…

     

    ***

    Point de vue de Tim

     

    C’est trop difficile pour moi de rester planter au milieu de toutes ces personnes que je ne connais même pas. Je ne me sens même plus chez moi dans ma propre maison ! Et de le voir ainsi, aussi proche de Géraldine… Comment puis-je résister à cette vague de jalousie et de colère qui s’empare de moi ? Même avec Corbin, je n’ai jamais été aussi jaloux. Le mieux est encore de m’enfermer dans ma chambre et d’attendre que tout le monde parte. Je viens à peine de m’asseoir sur le lit que Steve entre sans frapper. Après avoir refermé la porte sur lui, il se plante devant moi.

     

    -A quoi tu joues ? Je demande énervé.

    -Je suis désolé, j'aurai dû te prévenir. Mais tu vois, mes parents sont en pleine psychose à cause de mon arrière-grand-père… Enfin bref, ils sont tellement inquiets qu’ils ne me laissent plus rien faire. Alors comme toi et moi sommes amis, j'ai pensé que tu serais d'accord pour que je la fasse ici.

    -Tu aurais dû me demander avant et ne pas me mettre devant le fait accompli.

    -Ce n'est qu'une fête !

    -Et c'est qui toutes ces filles avec qui tu flirte alors que Géraldine est aussi présente ? Tu as pensé à Géraldine ?

     

    Il s'allonge sur mon lit le regard pensif.

     

    -Ne te fais pas d'idées, j'aime Géraldine, sincèrement. Mais je ressens comme un manque. J'ignore d'où cela peut venir, mais je suis bien décidé à découvrir le fin mot de l’histoire. Mais tu crois vraiment qu’elle m’est fidèle ?

    -Alors tu penses que c'est en couchant à droite et à gauche que tu vas trouver ce qui te manque ?

    -Aucune idée, mais je me dois de tout tenter…

    -Et cela marche ? Tu arrives à trouver ne serait-ce qu’une piste ?

     

    Il ne me répond pas mais me force à m’allonger à côté de lui. Le sentir aussi proche réveille en moi des tas de sensations. Je m’oblige à fixer le plafond alors que des frissons parcours tout mon corps tendu au possible. Steve se redresse sur un coude et se penche sur moi me faisant rougir.

     

    -Qu’est-ce qui t’arrive tout à coup ? Dis-je happé avec force par la profondeur de son regard.

     

    Il ne me répond pas et passe sa main sur mon front. Je frissonne encore plus à son contact. Je me risque alors à toucher sa main pour l’enlever de mon front brûlant lorsque la porte s’ouvre avec fracas, faisant apparaitre la silhouette mince et parfaite de Géraldine. Ses yeux lancent des éclairs et j’ai l’impression de me faire tuer sur place. Je m’éloigne aussitôt de Steve comme pris en flagrant délit. Quant à lui, Steve ne bouge pas d’un pouce et reste serein.

     

    -Vous croyez faire quoi là ? S’emporte-t-elle.

    -De quoi tu parles ? Tim et moi étions simplement en train de discuter, réplique-t-il en s’asseyant sur le bord du lit.

     

    Elle éclate alors de rire, ce rire qui fait froid dans le dos. Son regard se pose tour à tour sur Steve puis sur moi. Une lueur démoniaque enflamme alors ses prunelles et un sourire narquois apparait sur son visage ?

     

    -Tout comme tu discutes avec toutes ces putes qui partagent, de temps en temps ton lit ?

    -Mais tu ne vas pas bien de dire de telles choses ? S’étonne Steve. Tim est un homme, dois-je te le rappeler ?

     

    Je crains le pire. Il est vrai qu’elle nous a surpris en très mauvaise posture qui porte vraiment à confusion, mais elle ne doit pas non plus se faire de fausses idées. Je dois tenter d’expliquer les choses avant qu’elle ne dise tout à Steve.

     

    -Géraldine, je…

    -Oh toi ce n’est même pas la peine de me parler. Tu n’es qu’une merde et tu ne mérites même pas de te trouver dans la même pièce que moi.

     

    Steve se lève alors et se plante entre elle est moi. Il croise les bras et son regard perd toute sa douceur. Il regarde alors froidement sa petite amie.

     

    -Ne lui parles plus jamais sur ce ton. Je ne comprends vraiment pas ce que tu as à lui reprocher, mais ce qui est certain c’est qu’il ne mérite pas du tout ce que tu lui fais subir. Alors tu vas lui présenter immédiatement tes excuses.

    -Il en est hors de question ! Mais tu es vraiment aveugle ma parole ! Je ne comprends vraiment pas comment j’ai pu tomber amoureuse de toi.

    -Je ne comprends rien à ce que tu dis, soupire Steve, alors explique-toi maintenant.

    -Tu demanderas à ton nouveau meilleur ami de t'expliquer. Je pense qu'il a des choses à te dire...

     

    Ca y est, la bombe est lancée. La fin est proche… Je dois me préparer et prendre mes responsabilités. Géraldine s’approche alors de moi, un sourire mauvais sur le visage. Elle se penche et ses murmures me paralysent.

     

    -Tu ne perds rien pour attendre ! Non seulement tu te l'accapare tous les soirs mais tu lui prêtes ta maison et ton lit pour qu'il me trompe. Tout est de ta faute et je jure que tu vas me le payer. Tu ne sais pas à qui tu t'es attaqué...

    -Mais je n'ai rien...

     

    Mais ma phrase se perd dans le fracas que fait la porte lorsque Géraldine sort de la chambre telle une furie. Steve soupire avant de se poster devant moi. Il n’est pas du tout menaçant mais semble un peu perdu.

     

    -Alors c’est quoi cette histoire ? Géraldine semble penser que tu as quelque chose à me dire. Tu sais de quoi elle parle ?

    -Non, rien... Enfin...

    -Tout cela ne me parait pas très clair. Si tu ne le sais pas encore, je déteste vraiment les mensonges, donc, s’il te plait, ne me mens pas s'il te plaît...

    -Il est gay et il semblerait qu’il ait des sentiments bien plus qu’amicales pour toi.

     

    Je me fige en entendant cette voix : Pierre. Il devait déjà écouter à la porte depuis un bon moment. Je commence alors à rougir et baisse immédiatement la tête, pris en flagrant délit. Je tente de fuir, mais c’est sans compter sur Pierre qui bloque la sortie.

     

    -Ton nouveau meilleur ami est un pédé ! Il s'est bien gardé de te le dire ! Je suis certain qu'il a une idée derrière la tête.

    -C'est faux ! Je m’écris. Après tout, je n'ai rien demandé ! C'est Steve qui est venu vers moi...

     

    Steve ne dit rien, son visage reste impassible. Je ne sais pas comment réagir car j’ignore ce qu’il est en train de penser. Il finit par s’avancer vers moi, son visage se transformant soudain faisant apparaitre une expression que je n’avais encore jamais vu chez lui.

     

    -Tu me dégoûtes. Ne t'approche plus jamais de moi. Je voulais être simplement ton ami et je croyais que pour toi c’était la même chose. Je n’aurais jamais pensé que tu en profiterais pour tenter quoique ce soit avec moi. Je ne suis pas comme toi, j’aime les femmes et surtout Géraldine. Tu m’as mentis et tu as tout fait pour m’éloigner de mes amis. Je ne pourrais jamais te le pardonner. Viens Pierre, mettons fin à la fête et tirons-nous d'ici.


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